mardi 17 septembre 2013

Gaza à l'abandon - billet

Depuis un mois, plus d’un million sept cent mille Palestiniens de Gaza sont en train de vivre une situation catastrophique à tous les niveaux : le blocus s’accroît, la fermeture des frontières et des tunnels isolent de plus en plus cette région dont les habitants supportent les longues coupures d’électricité, la pénurie des carburants, la disparition de beaucoup de produits alimentaires et des médicaments.
Tous les secteurs vitaux sont touchés par cette situation qui ne cesse de s’aggraver alors que la communauté internationale se tait et ferme les yeux devant la mort lente de beaucoup de Gazaouis et devant leur souffrance quotidienne.
Cette situation nous rappelle celle vécue en 2007 par la population civile au début du blocus israélien.
Les foyers de Gaza ont droit à seulement 6 heures d’électricité par jour à cause du manque de fioul pour la seule centrale électrique de Gaza qui fonctionne actuellement à 20% des sa capacité. Les coupures paralysent la vie dans les maisons, les hôpitaux, les usines, les écoles, les ministères et dans tous les secteurs.
Beaucoup de produits alimentaires commencent à disparaître des rayons des magasins et quand on les trouve, c’est à des prix exorbitants.
Les stations d’essence sont presque fermées, et tous les jours des centaines de voitures attendent des heures et des heures pour recevoir les dix litres de carburant auxquels les habitants ont droit. Tous les moyens de transports sont touchés.
Les organisations internationales diminuent leurs aides à la population, faute de financement international. Conséquence : le taux de pauvreté dépasse 40% de cette population !
Des dizaines d’usines ne trouvant pas les matières premières pour leur fonctionnement, ferment.
Tous les projets de construction sont arrêtés. Résultats : des milliers de chômeurs. Le taux de chômage a dépassé ce mois 75% de la population.
Depuis deux mois, aucune délégation étrangère et aucun convoi n’ont pu entrer dans cette région de plus en plus isolée et abandonnée à son sort.
Ces exemples montrent que dans cette prison à ciel ouvert, la situation est près de devenir une véritable crise humanitaire.
Face à cette situation très grave, on peut constater actuellement trois aspects positifs :
Les écoles et les universités continuent de fonctionner et les élèves, les étudiants et leurs professeurs s’y rendent souvent à pied afin de préserver l’année scolaire.
Les Gazaouis continuent leur vie et ils s’adaptent à ce contexte avec une volonté et une patience remarquables, ils résistent et persistent, ils vivent dignes sur leur terre.
Les Gazaouis espèrent un changement et une amélioration de cette situation, ils vivent avec l’espoir et seulement l’espoir.
Ce blocus israélien contre la population civile qui dure depuis 7 ans, qui tue la vie, qui tue les enfants de Gaza, est une honte pour l’humanité.
Les Palestiniens de Gaza sont en train de donner un exemple de courage et de détermination à cette communauté internationale officielle hypocrite cette communauté qui prétend défendre la loi internationale ailleurs, alors qu’elle ne bouge néanmoins pas pour dénoncer la politique israélienne de punition collective contre la population de Gaza.
Les Palestiniens de Gaza ont une seule question à poser à cette communauté, à ses différentes instances, et à ce monde dit libre qui disent défendre les droits de l’homme et assurer la paix dans le monde : et le blocus de Gaza ?

 
Zia Medoukh
Professeur de français à l’université Al-Aqsa de Gaza - Piadmedoukh@hotmail.com - Email université : aqsafrancais@yahoo.fr
 

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