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lundi 1 juillet 2013

A Toulouse, Vinci poursuit les occupants de sa maison abandonnée





Source Reporterre
Le site de l'écologie.

 A Toulouse, une maison inoccupée du groupe Vinci a été investi par des squatteurs. Le groupe les poursuit en justice.

Nous, occupants depuis le 17 mai d’une maison d’un Comité d’Entreprise de Vinci précédemment laissée à l’abandon et ouverte à tous vents, avons été assignés ce vendredi 24 mai 2013 en référé d’heure à heure pour nous voir solennellement mettre à la rue.
Nous avons donc l’audace de demander pourquoi. Pourquoi des centaines de gens doivent-ils rester dehors puisque la mairie elle-même reconnait que 2000 logements sont réquisitionnables – en tout 15 à 20 000 logements sont indéfiniment vides à Toulouse ?
Pourquoi sinon pour entretenir dans le reste de la population la peur du déclassement et de la précarité, et augmenter toujours la soumission des populations ? Que cela fait-il donc de nous tous ?
Et si tant de logements restent vides, alors pourquoi en construire toujours davantage ? Et quels logements, quels quartiers et quelle ville sont en train de nous construire les promoteurs tels que Vinci ? Des villes sans vie, toutes identiques, ayant perdu leur âme, avec bureaux, centre commercial, parking et logements dont nous sommes expropriés exclusivement au bénéfice de notre odieuse jet-set ?
D’autres choses ne changent par contre pas, comme les centaines de sans-abris dans nos rues, avec enfants. Leur « progrès » n’empêche pas un tas d’arriérations et de décadence. Trouver un logement et un boulot devient de plus en plus martyrisant et illusoire.
La propriété est un dispositif jugeable à ses résultats – et quels sont-ils ? Quelques uns possèdent des dizaines voire des centaines de milliers de logements, pendant que 600 000 autres vivent dans la rue. N’est-il pas temps d’y faire quelque chose ? Et que faire, sinon s’organiser nous-mêmes, et porter la chose devant les tribunaux : le droit au logement doit être appliqué, et pas seulement le « droit restrictif d’user et d’abuser de la richesse socialement produite ».
Une étude a décrit le comportement des entreprises comme psycopathique selon les critères de la psychologie humaine. Là non plus, Vinci n’est pas en reste. Le 1er bétonneur mondial accumule les scandales, de la Russie à la Grande-Bretagne, en passant par Notre-Dame-des-Landes, où la préfecture a fait des centaines de blessés cet hiver.
La solidarité est plus que jamais nécessaire car la loi laisse s’installer le désastre économique, écologique, humain, et réprime expéditivement toute initiative autonome. L’époque est au conformisme et à la médicalisation, à la performativité, époque ignoble faite de responsabilité limitée et de partenariat public-privé (PPP) pour l’aménagement urbain, la rénovation de nos quartiers, tous ces rond points, zones commerciales, autoroutes, aéroports, parkings et vidéo-surveillance : « diriger un moratorium est une affaire rentable ».
Le ministère de l’Ecologie a cédé gratuitement la maison à la compagnie
Le plaignant, Vinci, via l’ASF, est donc propriétaire de nos autoroutes du sud de la France. Les autoroutes construites avec l’argent public sont, depuis 2005, privatisées. Mais qu’est-ce ça veut bien dire ? Ça veut dire, dans le cas de Vinci, que 50 % des bénéfices sont détournés par les actionnaires.
La poule aux oeufs d’or a été concédée à tarif très avantageux. Tellement avantageux d’ailleurs que nous apprenons en lisant notre dossier de référé, qu’en effet, le ministère de l’Ecologie et de l’aménagement du territoire, a GRACIEUSEMENT CÉDÉ, c’est-à-dire pour rien, gratuitement, notre maison à la dite société, afin qu’elle puisse la revendre à son profit. Cette entreprise n’est pourtant pas d’utilité publique, surtout dans le contexte écologique et humain, loin s’en faut !
C’est pourquoi nous estimons que Madame le juge pourrait aussi bien soutenir et encourager notre action qui, elle, se réclame bien de salubrité publique, et pas l’obligation d’augmentation des marges de profit pour nos privilégiés actionnaires.
Notre Action la voici : en plus d’être notre lieu de vie c’est l’endroit idéal, jugeons-nous, pour la création d’un Centre de Recherche et d’Information sur la Politique Urbaine et les Nouvelles Perspectives Émancipatrices. Un lieu pour se questionner sur les agissements et l’influence tentaculaire qu’obtiennent certaines multinationales.
Nous nous proposons d’y organiser nos recherches sur l’agencement d’une vie faste et souveraine, et les partager dans des débats, des projections, une bibliothèque, un lieu de réflexion et d’organisation d’un vrai débat populaire sans que les puissants nous imposent leur vision.
Le monde est notre jardin, et non pas un camp, un zoo ou une jungle.
Suite de l’aventure au procès le 31 mai !


Source et photo : Squat.net
Lire aussi : La police du gouvernement "socialiste" évacue le Centre social autogéré de Toulouse

lundi 18 mars 2013

« Mon squat, ma maison »

« Mon squat, ma maison », le webreportage qui pousse la porte des squats à Toulouse

Mon squat, ma maison, premier récit multimedia de Carré d'info sur le CREA/ Photo Carré d'info

« Mon squat, ma maison » est le premier documentaire multimédia diffusé par Carré d’info. Réalisé par Pauline Martineau et Alice Robinet, il pousse la porte des logements investis par les militants du CREA à Toulouse. De véritables lieux de vie où, aux côtés de militants, des familles sans-abri bénéficient d’un toit, de nourriture, de cours de français et d’entraide.

>> PASSER LA PRÉSENTATION ET ENTRER MAINTENANT <<


Voilà plus d’un an que l’actualité toulousaine est ponctuée par les « réquisitions » et expulsions de squats du CREA (Collectif de réquisition, d’entraide et d’autogestion), un collectif qui investit des bâtiments inoccupés pour héberger des familles sans-abri. Un jeu du chat et de la souris avec les autorités locales, mais aussi un questionnement continu sur l’hébergement d’urgence et le droit au logement.
En Haute-Garonne, le taux de refus, c’est-à-dire les demandes d’hébergements non pourvues au samu social, atteint des sommets. En 2011, plus de 80% des demandes n’ont pas pu être satisfaites, selon les chiffres communiqués par la FNARS de Midi-Pyrénées (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale). En pratique, ce sont jusqu’à 210 refus quotidiens au cours de ce même hiver. Formé fin 2010, le CREA revendique aujourd’hui avoir logé plus d’une centaine de personnes depuis le début de leur action.

Restituer le quotidien

Mais au-delà des réquisitions et expulsions, difficile parfois dans l’urgence de pousser la porte de ces nouveaux et véritables lieux de vie, de rencontrer les familles hébergées, et discuter avec les militants à l’origine de cette campagne.
Deux journalistes, Pauline Martineau et Alice Robinet, sont parvenues à suivre plusieurs habitants et découvrir quatre lieux de vie de la campagne du CREA, d’avril à juin 2012. De la simple visite des bâtiments à la rencontre du militant politique tchétchène réfugié avec sa famille, le webreportage « Mon squat, ma maison » restitue le quotidien des lieux à travers des vidéos et des diaporamas sonores.

Mode d’emploi

Vous pouvez naviguer dans le webreportage directement sur la page de Carré d’Info. Pour un meilleur confort de lecture et de visionnage des vidéos, préférer d’autres modes d’affichage :
  • Une fois sur la page de présentation, cliquer en haut à droite pour accéder au mode plein écran

Mode d'emploi pour le webreportage "Mon squat, ma maison" / Photo Carré d'Info

  • Plusieurs modes de visualisation sont alors à votre disposition : « fullscreen » (= plein écran) ou « present » (une taille intermédiaire).

Mode d'emploi webreportage "Mon squat, ma maison", mode de lecture / Photo DR

  • Naviguer entre les différentes fenêtres à l’aide des flèches à droite et à gauche et cliquer sur les photos (cliquer sur le « + » en bas à droite) pour entrer dans les différents thèmes et découvrir les vidéos.

Mode d'emploi pour le webreportage "Mon squat, ma maison" / Photo Carré d'Info

  • Une fois dans le thème, pour revenir au menu principal il vous suffit de cliquer sur la flèche au-dessus des diapositives comme indiqué ci-dessous :

Mode d'emploi pour la navigation dans le webreportage "Mon squat, ma maison" / Photo Carré d'Info

Suivre l’actualité de la campagne

Vous pouvez également suivre l’actualité de la campagne du CREA en suivant le web-reportage « Mon squat, ma maison » sur Twitter : @Monsquat, ou sur la page Facebook : Mon squat, ma maison ou dans le dossier Carré d’info, « Le toit et la bannière » qui lui est consacré.

>> DÉCOUVRIR LE WEBREPORTAGE <<