Affichage des articles dont le libellé est environnement. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est environnement. Afficher tous les articles

vendredi 15 novembre 2013

La liste des banques qui contribuent le plus au réchauffement climatique

Source : Bastamag
par

+3,6°C d’ici la fin du siècle. Ce sera la hausse de la température planétaire selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Un redoux printanier se transformera en canicule, un hiver sec et froid en pluies torrentielles. Les gouvernements continuent de discuter de cette sombre perspective à Varsovie, dans le cadre de la conférence de Nations Unies. Pendant que pays et lobbies négocient, les investissements coulent à flot vers l’un des secteurs qui émet le plus de gaz à effet de serre : le charbon, l’énergie sale par excellence. Depuis l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 2005, censé aider les États à diminuer leurs émissions, le secteur bancaire a investi ou prêté 165 milliards d’euros pour extraire toujours plus de charbon. Soit plus de 18 milliards par an en moyenne.

C’est ce que révèle le rapport du réseau Banktrack, que Basta ! et l’Observatoire des multinationales ont pu consulter en exclusivité. Selon ce réseau international basé aux Pays-Bas, qui scrute les investissements du secteur bancaire et leurs impacts sociaux et environnementaux, les financements au profit des mines de charbon ont ainsi augmenté de 397 % en huit ans, en particulier avec la forte demande en ressources énergétiques des pays émergents (voir leur communiqué, en anglais). Parmi le « top 20 » des banques qui investissent le plus dans les houillères, figurent deux banques françaises : BNP-Paribas (classée 10ème, avec près de 4,5 milliards d’euros investis depuis 2005) et le Crédit agricole (classé 19ème, avec 2 milliards). « La lutte contre le réchauffement climatique est un défi majeur pour la société et l’un des axes des pratiques de responsabilité sociale du groupe Crédit Agricole », entend-on pourtant régulièrement du côté de la banque en partie mutualiste.

Banque postale et Crédit Mutuel : des banques presque propres
La Société Générale n’est pas en reste, et pointe à la 22ème place (lire aussi notre article sur le projet Alpha Coal) suivi du groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d’Epargne) / Natixis, en 37ème position. En bas de tableau, le Crédit Mutuel et la Banque Postale font figure de banques quasi « propres » en matière de charbon, arrivant respectivement en 75ème (« seulement » 50 millions d’euros investis) et 100ème positions du classement intégral.




C’est vrai, les banques françaises font un peu moins pire que leurs homologues états-uniennes, chinoises et britanniques, championnes en matière d’investissements ultra polluants. Sur la période, les trois banques les plus « sales » sont d’ailleurs états-uniennes : Citigroup, Morgan Stanley et Bank of America. Morgan Stanley qui promet pourtant vouloir « rendre votre vie plus écologique et s’attaquer au changement climatique », tandis que Citigroup assure être la « banque d’investissement la plus innovante sur le changement climatique et le développement durable ». Le greenwashing et le discours marketing trompeur ne connaissent pas les frontières.

Mais en « classement par équipe », les banques françaises arrivent en 4ème position, devançant les financiers australiens, japonais et suisses. Et si, depuis 2011, la Deutsche Bank et le Crédit Suisse ont tendance à diminuer leur contribution financière à l’égard du charbon, BNP Paribas continue sur sa lancée. Selon l’AIE, si nous souhaitons ne pas dépasser un réchauffement climatique de 2°C en 2100, 80% des réserves actuelles de charbon devront rester dans le sol. Sachant aussi que 1,5 kg de charbon brûlé produit autant d’énergie (1 kilowatt) qu’une éolienne en une seule rotation.

mardi 18 juin 2013

Les pesticides réduisent fortement la biodiversité aquatique

(étude)

WASHINGTON : Les pesticides, dont un grand nombre sont utilisés en Europe et
en Australie, réduisent jusqu'à 42% des populations d'insectes et autres
formes de vie des rivières et ruisseaux en Allemagne, en France et en
Australie, selon une recherche publiée lundi aux Etats-Unis.
Les pesticides, utilisés par exemple dans l'agriculture, sont parmi les
polluants les plus surveillés et réglementés.
Mais malgré cela, on ignorait jusqu'alors l'ampleur de leur impact sur la
biodiversité dans les environnements aquatiques, soulignent ces chercheurs,
dont Mikhail Beketov du Helmholtz Centre for Environmental Research à
Leipzig en Allemagne et Ben Kefford de la University of Technology à Sydney
(Australie).
Ces scientifiques ont démontré une forte disparition des insectes des
rivières et cours d'eau et d'autres invertébrés d'eau douce.
En Europe, ils ont constaté que ces insectes étaient 42% moins fréquents
dans les zones fortement contaminées par ces pesticides que dans des
rivières et cours d'eau non-contaminées. En Australie, cette différence
était de 27%.
Les auteurs de cette recherche, parue dans les Comptes-rendus de l'Académie
nationale américaine des sciences (PNAS), ont découvert que la diminution de
la biodiversité aquatique résultait surtout de la disparition de plusieurs
groupes d'espèces particulièrement vulnérables aux pesticides.
Il s'agit notamment des libellules et des mouches éphémères, des insectes
importants dans la chaîne alimentaire, aussi bien pour les poissons que les
oiseaux.
Plus inquiétant, l'impact sur ces minuscules insectes est observé à des
concentrations de pesticides qui sont déjà considérées comme sûres par les
réglementations européennes actuelles, soulignent ces scientifiques.
Selon eux, de nouveaux concepts d'évaluation liant l'écologie à
l'éco-toxicologie sont maintenant nécessaires de façon urgente.
"L'approche actuelle d'évaluation du risque environnemental de l'écosystème
des rivières et autres cours d'eau revient à conduire sur l'autoroute avec
un bandeau sur les yeux", ironise l'écotoxicologiste Matthias Liess, un
autre auteur de cette recherche.
Jusqu'à présent, les pesticides sont autorisés principalement sur la base
d'une recherche expérimentale menée dans des laboratoires et dans des
écosystèmes artificiels, souligne-t-il.
js/are

L’Europe condamne la France pour ses eaux polluées aux nitrates



La France, empêtrée dans les problèmes de pollution agricole qui contamine ses cours d’eau, vient d’être condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Cette dernière a rendu, jeudi 13 juin, un arrêt qui constate les « manquements » chroniques de Paris. Cette décision est un prélude à une possible amende de plusieurs dizaines de millions d’euros, voire à des astreintes journalières qui alourdiraient considérablement le montant réclamé.
Une plage de Saint-Michel-en-Grève, recouverte d'algues            vertes, en août 2009. | AFP/ERIC FEFERBERG
Une plage de Saint-Michel-en-Grève, recouverte d’algues vertes, en août 2009. | AFP/ERIC FEFERBERG

Il s’agit de la vieille affaire des nitrates et de l’incapacité de Paris de se mettre en conformité avec une directive européenne de 1991. Ce contentieux porte précisément sur la sous-estimation des « zones vulnérables » qu’il faudrait impérativement protéger, autrement dit sur le manque d’autorité de l’Etat pour faire respecter les bassins versants dont les teneurs en nitrate dépassent déjà les 50 milligrammes par litre. La CJUE prépare en outre un deuxième rappel à l’ordre, qui devrait dénoncer d’ici à fin 2013 la frilosité des programmes pour redresser la situation dans ces mêmes zones.
L’excès d’azote minéral et organique – essentiellement d’origine agricole – entraîne, une fois transformé en nitrates, l’eutrophisation des rivières et nourrit le phénomène des proliférations d’algues vertes. Le problème est plus large cette fois : les zones vulnérables concernent 55 % des surfaces agricoles selon l’état des lieux révisé fin 2012. La liste actuelle englobe 19 000 communes. Les porte-parole de l’agriculture intensive se sont récriés contre ce classement soi-disant excessif, et la FNSEA a déposé plusieurs recours devant les tribunaux. A Bruxelles, c’est la cartographie précédente, celle – peu réaliste – de 2007, qui est dénoncée comme insuffisante.

« FAIBLESSE DE LONGUE DATE »
La ministre de l’écologie Delphine Batho estime que l’arrêt de la CJUE « sanctionne une faiblesse de longue date », autrement dit le manque d’empressement de ses prédécesseurs car une délimitation plus réaliste des zones vulnérables aurait dû être faite fin 2011. « J’ai l’intention de rencontrer rapidement la Commission européenne pour présenter notre programme d’action, annonce-t-elle. Il va falloir davantage que de la bonne volonté pour convaincre Bruxelles et éviter une lourde condamnation pour manquement sur manquement. » Cette procédure-là est redoutable puisqu’elle risque d’entraîner des amendes par jour d’astreinte.

Ainsi en 2007, la Commission européenne avait déjà décidé de saisir la CJUE et de suggérer une astreinte de 130 000 euros par jour pour… infractions de la France vis-à-vis de la même directive nitrates de 1991. Il était alors reproché à cette dernière ses taux démesurés de nitrates dans l’eau potable en Bretagne. Le gouvernement de l’époque s’en était sorti en plaidant beaucoup et en fermant prestement les points de captage les plus pollués. Résultat : les Bretons boivent une eau réglementaire qu’il faut aller chercher loin, tandis que leurs rivières continuent d’être chargées de pollution diffuse. Et les fonctionnaires européens ont fini par se lasser de cette inefficacité persistante.

Après moult avertissements sur ses zones vulnérables incomplètes et sur la faiblesse des actions menées pour y faire diminuer les taux de nitrates, la Commission européenne a de nouveau traduit la France devant la CJUE  en février 2012. Si elle ne constate pas de progrès de la qualité de l’eau dans les prochains mois, elle sera en droit de saisir à nouveau les magistrats. L’unique suspense dans cette affaire réside dans la sévérité du montant des pénalités.
http://actuwiki.fr/environnement/21570Source : Le Monde

jeudi 13 juin 2013

Pesticides : des risques sanitaires mieux identifiés

+ DOCUMENT - Les agriculteurs apparaissent comme la population la plus à risques dans l’étude que publie ce jeudi l’Institut de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

 
L’Inserm publie ce jeudi un bilan de trente années de publications scientifiques internationales sur le danger des pesticides. - AFP
Les agriculteurs peuvent vivre dangereusement au contact des pesticides. L’Inserm ne l’exclue pas dans un rapport qu’elle rend public ce jeudi et qui fait le bilan de trente années de publications scientifiques internationales sur le sujet (voir document ci-dessous). L’agriculture, dans la mesure où elle utilise 90 % des tonnages de pesticides « consommés »  en France, vient logiquement en première ligne. Mais ce n’est pas le seul secteur à risques. Les personnels chargés de l’entretien des routes, des parcs et jardins, les professionnels de la filière bois vivent sous le même type de menace.

Des conséquences pour les enfants à naître

Ces substances peuvent notamment avoir un impact sanitaire négatif sur les enfants à naître, notamment ceux dont les futures mères vivent en milieu agricole. « Les expositions aux pesticides intervenant au cours de la période prénatale et périnatale ainsi que la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant », pointe l’étude commandée à l’inserm par la Direction générale de la santé. Les conséquences les plus souvent redoutées sont les malformations congénitales, dont la probabilité augmente, une diminution du poids de naissance et « une augmentation significative du risque de leucémie ».
Une augmentation du risque de cancer de la prostate existe aussi chez les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et plus généralement, les ruraux. L’Inserm signale également une augmentation du risque de développer un lymphome, une maladie de Parkinson et certaines maladies neurodégénératives (Alzheimer).

Atteintes de la fertilité masculine

Enfin, le lien entre certains produits, comme le dibromochloropropane, et des atteintes de la fertilité masculine a été clairement établi. Il reste que « de nombreuses incertitudes subsistent en ce qui concerne les pesticides actuellement employés », nuance l’Inserm. Quant à l’impact sur la fertilité féminine, « il est mal connu et mériterait d’être mieux étudié », considèrent ses experts.

POUR EN SAVOIR PLUS :