(étude)
WASHINGTON : Les pesticides, dont un grand nombre sont utilisés en Europe et
en Australie, réduisent jusqu'à 42% des populations d'insectes et autres
formes de vie des rivières et ruisseaux en Allemagne, en France et en
Australie, selon une recherche publiée lundi aux Etats-Unis.
Les pesticides, utilisés par exemple dans l'agriculture, sont parmi les
polluants les plus surveillés et réglementés.
Mais malgré cela, on ignorait jusqu'alors l'ampleur de leur impact sur la
biodiversité dans les environnements aquatiques, soulignent ces chercheurs,
dont Mikhail Beketov du Helmholtz Centre for Environmental Research à
Leipzig en Allemagne et Ben Kefford de la University of Technology à Sydney
(Australie).
Ces scientifiques ont démontré une forte disparition des insectes des
rivières et cours d'eau et d'autres invertébrés d'eau douce.
En Europe, ils ont constaté que ces insectes étaient 42% moins fréquents
dans les zones fortement contaminées par ces pesticides que dans des
rivières et cours d'eau non-contaminées. En Australie, cette différence
était de 27%.
Les auteurs de cette recherche, parue dans les Comptes-rendus de l'Académie
nationale américaine des sciences (PNAS), ont découvert que la diminution de
la biodiversité aquatique résultait surtout de la disparition de plusieurs
groupes d'espèces particulièrement vulnérables aux pesticides.
Il s'agit notamment des libellules et des mouches éphémères, des insectes
importants dans la chaîne alimentaire, aussi bien pour les poissons que les
oiseaux.
Plus inquiétant, l'impact sur ces minuscules insectes est observé à des
concentrations de pesticides qui sont déjà considérées comme sûres par les
réglementations européennes actuelles, soulignent ces scientifiques.
Selon eux, de nouveaux concepts d'évaluation liant l'écologie à
l'éco-toxicologie sont maintenant nécessaires de façon urgente.
"L'approche actuelle d'évaluation du risque environnemental de l'écosystème
des rivières et autres cours d'eau revient à conduire sur l'autoroute avec
un bandeau sur les yeux", ironise l'écotoxicologiste Matthias Liess, un
autre auteur de cette recherche.
Jusqu'à présent, les pesticides sont autorisés principalement sur la base
d'une recherche expérimentale menée dans des laboratoires et dans des
écosystèmes artificiels, souligne-t-il.
js/are
Le Conseil national de la Résistance fut réactivé l'été 2008. Le CNR en Midi-Pyrénées est la déclinaison régionale de ce réseau organisé pour mener une résistance créatrice d'alternatives. Nous contribuons ainsi par notre action politique coopérative à construire Un Autre Monde... "Créer, c'est Résister. Résister, c'est créer."
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mardi 18 juin 2013
jeudi 13 juin 2013
Pesticides : des risques sanitaires mieux identifiés
+ DOCUMENT - Les agriculteurs apparaissent comme la population la plus à risques dans l’étude que publie ce jeudi l’Institut de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
L’Inserm publie
ce jeudi un bilan de trente années de publications scientifiques internationales
sur le danger des pesticides. - AFP
Les agriculteurs peuvent vivre dangereusement au contact des pesticides.
L’Inserm ne l’exclue pas dans un rapport qu’elle rend public ce jeudi et qui
fait le bilan de trente années de publications scientifiques internationales sur
le sujet (voir document ci-dessous). L’agriculture, dans la mesure où elle
utilise 90 % des tonnages de pesticides « consommés » en France, vient
logiquement en première ligne. Mais ce n’est pas le seul secteur à risques. Les
personnels chargés de l’entretien des routes, des parcs et jardins, les
professionnels de la filière bois vivent sous le même type de menace.
Des conséquences pour les enfants à naître
Ces substances peuvent notamment avoir un impact sanitaire négatif sur les
enfants à naître, notamment ceux dont les futures mères vivent en milieu
agricole. « Les expositions aux pesticides intervenant au cours de la
période prénatale et périnatale ainsi que la petite enfance semblent être
particulièrement à risque pour le développement de l’enfant », pointe
l’étude commandée à l’inserm par la Direction générale de la santé. Les
conséquences les plus souvent redoutées sont les malformations congénitales,
dont la probabilité augmente, une diminution du poids de naissance et « une
augmentation significative du risque de leucémie ».
Une augmentation du risque de cancer de la prostate existe aussi chez les
agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et plus
généralement, les ruraux. L’Inserm signale également une augmentation du risque
de développer un lymphome, une maladie de Parkinson et certaines maladies
neurodégénératives (Alzheimer).
Atteintes de la fertilité masculine
Enfin, le lien entre certains produits, comme le dibromochloropropane, et des
atteintes de la fertilité masculine a été clairement établi. Il reste que
« de nombreuses incertitudes subsistent en ce qui concerne les pesticides
actuellement employés », nuance l’Inserm. Quant à l’impact sur la fertilité
féminine, « il est mal connu et mériterait d’être mieux étudié »,
considèrent ses experts.
POUR EN SAVOIR PLUS :
DOCUMENT L’étude de l’Inserm
http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202826203994-pesticides-des-risques-sanitaires-mieux-identifies-575215.php
https://s3.amazonaws.com/images.slideshare/synthsepesticides10juin13-130613054808-phpapp01%2F95%2Fslide-161-638.jpg?Signature=VjQS0lxloZcgd60U%2FH52CQCXhlc%3D&Expires=1371130447&AWSAccessKeyId=AKIAIW74DRRRQSO4NIKA
http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202826203994-pesticides-des-risques-sanitaires-mieux-identifies-575215.php
https://s3.amazonaws.com/images.slideshare/synthsepesticides10juin13-130613054808-phpapp01%2F95%2Fslide-161-638.jpg?Signature=VjQS0lxloZcgd60U%2FH52CQCXhlc%3D&Expires=1371130447&AWSAccessKeyId=AKIAIW74DRRRQSO4NIKA
lundi 8 avril 2013
Vin et pesticides, la loi du silence
Publié par : M le magazine du Monde
CETTE SEMAINE DÉBUTE DANS LE BORDELAIS le marathon des dégustations en
primeur du millésime 2012. Ils seront des centaines à défiler dans les
châteaux, les uns en minibus pour un "tasting" de groupe, les autres en
limousines pour une dégustation privée, c'est selon le statut et le
pouvoir d'achat. Pour les nouveau-nés, rappelons-en le principe : les
propriétaires soumettent les vins de la vendange précédente aux fins
palais des experts, courtiers ou négociants, et les proposent au prix
qu'ils estiment juste selon la qualité et la conjoncture. Le vin n'est
pas "fini" et ne sera disponible que deux ans plus tard mais le château
assure ainsi sa trésorerie et l'acheteur parie - à tarif préférentiel -
sur la qualité et la valeur futures du flacon. D'où l'importance de la
dégustation "en primeur", pour jauger le plaisir ou supputer le profit à
venir.
Parmi les tanins subtils et prometteurs, les arômes de pruneaux, de
toast, d'épices, de vanille ou de vieux cartable en cuir de Cordoue -
que ne manqueront pas d'identifier ces dégustateurs émérites -, combien
vont déceler des notes de cyprodinil, d'iprodione, d'azoxystrobin, de
procymidone ou de pyriméthanil ? Aucun, bien sûr ! Parce que les
pesticides ne figurent pas au protocole officiel de la dégustation et
que ces molécules phytosanitaires ne sont détectables qu'en laboratoire.
Mais elles y sont.
Comment pourrait-il en être autrement en France, premier utilisateur
européen de pesticides (62 700 tonnes en 2011), où la vigne occupe 3,7 %
de la surface agricole utile et consomme 20 % des pesticides. Les
chiffres sont têtus. En dépit des plans de réduction de 50 % de
l'utilisation des produits phytosanitaires à moyen terme, celle-ci a
progressé dans l'agriculture de 2,6 % entre 2008 et 2010 et de 2,7 %
entre 2010 et 2011, selon le laboratoire Excell, fondé par Pascal
Chatonnet, oenologue et gérant de plusieurs vignobles familiaux à
Pomerol et Saint-Emilion.
Lors d'une conférence en février dernier à Bordeaux, Excell a révélé les
résultats d'analyses sur 300 vins d'Aquitaine et de la vallée du Rhône
(2007 et 2008), dans lesquels le labo a recherché 50 matières actives.
Seulement 10 % des échantillons (principalement bios) ne contenaient
aucun pesticide. Les 90 % restants en hébergeaient au moins un - souvent
un fongicide - et jusqu'à neuf différents dans un seul vin.
Tous les taux donnés par Excell sont bien en dessous des LMR, les
fameuses "limites maximales de résidus", en deçà desquelles il n'y a pas
danger pour la santé, à en croire ceux qui les fixent. Seul problème, il
n'existe pas de LMR pour le vin, la référence étant celle des raisins de
cuves qui, de l'avis général, n'est pas pertinente parce que trop
élevée. Si les études sur la présence de pesticides dans les fruits et
légumes, le lait ou l'eau sont courantes, elles sont rares et
confidentielles pour le vin (Etude PAN 2008, Que Choisir 2011, 60
Millions de Consommateurs 2012). Toutes aboutissent pourtant au même
résultat et révèlent des traces de pesticides dans la plupart des vins,
sauf les bios, même si certains sont parfois contaminés par le voisinage.
En l'absence de LMR crédible, le consommateur comme le producteur
restent dans le flou. Le vignoble a certes pris conscience des effets de
la pollution chimique sur les sols, la vigne et les raisins mais
celle-ci semble s'arrêter à l'entrée de la cave, tel le nuage de
Tchernobyl au-dessus des Vosges. En devenant vin, le jus de la vigne,
par la magie du chai, gagne une immunité tacite en recherche
phytosanitaire. S'y livrer et publier les résultats passent pour une
agression contre "la filière déjà attaquée de toutes parts". Donc motus
et bouche cousue.
Ce silence sera un jour brisé car l'exception vineuse en matière de LMR
est appelée à disparaître. Depuis 2008, celles-ci sont fixées au niveau
européen et s'appliquent déjà à plus de 300 produits frais ou
transformés. Le merlot et la syrah ne pourront y échapper éternellement,
or fixer le niveau maximum de résidus tolérables dans la bouteille
revient à reconnaître - de facto - leur existence. Pascal Chatonnet et
son labo ont anticipé cette issue inéluctable et proposent un service
nouveau, "+ Nature by Excell", qui à partir de ses propres LMR fixées
unilatéralement permettrait de réduire l'usage des pesticides et
d'introduire des pratiques alternatives dans le traitement de la vigne.
En attendant, la meilleure solution reste de consommer des vins bios.
jpgene.cook@gmail.com
JP Géné
CETTE SEMAINE DÉBUTE DANS LE BORDELAIS le marathon des dégustations en
primeur du millésime 2012. Ils seront des centaines à défiler dans les
châteaux, les uns en minibus pour un "tasting" de groupe, les autres en
limousines pour une dégustation privée, c'est selon le statut et le
pouvoir d'achat. Pour les nouveau-nés, rappelons-en le principe : les
propriétaires soumettent les vins de la vendange précédente aux fins
palais des experts, courtiers ou négociants, et les proposent au prix
qu'ils estiment juste selon la qualité et la conjoncture. Le vin n'est
pas "fini" et ne sera disponible que deux ans plus tard mais le château
assure ainsi sa trésorerie et l'acheteur parie - à tarif préférentiel -
sur la qualité et la valeur futures du flacon. D'où l'importance de la
dégustation "en primeur", pour jauger le plaisir ou supputer le profit à
venir.
Parmi les tanins subtils et prometteurs, les arômes de pruneaux, de
toast, d'épices, de vanille ou de vieux cartable en cuir de Cordoue -
que ne manqueront pas d'identifier ces dégustateurs émérites -, combien
vont déceler des notes de cyprodinil, d'iprodione, d'azoxystrobin, de
procymidone ou de pyriméthanil ? Aucun, bien sûr ! Parce que les
pesticides ne figurent pas au protocole officiel de la dégustation et
que ces molécules phytosanitaires ne sont détectables qu'en laboratoire.
Mais elles y sont.
Comment pourrait-il en être autrement en France, premier utilisateur
européen de pesticides (62 700 tonnes en 2011), où la vigne occupe 3,7 %
de la surface agricole utile et consomme 20 % des pesticides. Les
chiffres sont têtus. En dépit des plans de réduction de 50 % de
l'utilisation des produits phytosanitaires à moyen terme, celle-ci a
progressé dans l'agriculture de 2,6 % entre 2008 et 2010 et de 2,7 %
entre 2010 et 2011, selon le laboratoire Excell, fondé par Pascal
Chatonnet, oenologue et gérant de plusieurs vignobles familiaux à
Pomerol et Saint-Emilion.
Lors d'une conférence en février dernier à Bordeaux, Excell a révélé les
résultats d'analyses sur 300 vins d'Aquitaine et de la vallée du Rhône
(2007 et 2008), dans lesquels le labo a recherché 50 matières actives.
Seulement 10 % des échantillons (principalement bios) ne contenaient
aucun pesticide. Les 90 % restants en hébergeaient au moins un - souvent
un fongicide - et jusqu'à neuf différents dans un seul vin.
Tous les taux donnés par Excell sont bien en dessous des LMR, les
fameuses "limites maximales de résidus", en deçà desquelles il n'y a pas
danger pour la santé, à en croire ceux qui les fixent. Seul problème, il
n'existe pas de LMR pour le vin, la référence étant celle des raisins de
cuves qui, de l'avis général, n'est pas pertinente parce que trop
élevée. Si les études sur la présence de pesticides dans les fruits et
légumes, le lait ou l'eau sont courantes, elles sont rares et
confidentielles pour le vin (Etude PAN 2008, Que Choisir 2011, 60
Millions de Consommateurs 2012). Toutes aboutissent pourtant au même
résultat et révèlent des traces de pesticides dans la plupart des vins,
sauf les bios, même si certains sont parfois contaminés par le voisinage.
En l'absence de LMR crédible, le consommateur comme le producteur
restent dans le flou. Le vignoble a certes pris conscience des effets de
la pollution chimique sur les sols, la vigne et les raisins mais
celle-ci semble s'arrêter à l'entrée de la cave, tel le nuage de
Tchernobyl au-dessus des Vosges. En devenant vin, le jus de la vigne,
par la magie du chai, gagne une immunité tacite en recherche
phytosanitaire. S'y livrer et publier les résultats passent pour une
agression contre "la filière déjà attaquée de toutes parts". Donc motus
et bouche cousue.
Ce silence sera un jour brisé car l'exception vineuse en matière de LMR
est appelée à disparaître. Depuis 2008, celles-ci sont fixées au niveau
européen et s'appliquent déjà à plus de 300 produits frais ou
transformés. Le merlot et la syrah ne pourront y échapper éternellement,
or fixer le niveau maximum de résidus tolérables dans la bouteille
revient à reconnaître - de facto - leur existence. Pascal Chatonnet et
son labo ont anticipé cette issue inéluctable et proposent un service
nouveau, "+ Nature by Excell", qui à partir de ses propres LMR fixées
unilatéralement permettrait de réduire l'usage des pesticides et
d'introduire des pratiques alternatives dans le traitement de la vigne.
En attendant, la meilleure solution reste de consommer des vins bios.
jpgene.cook@gmail.com
JP Géné
jeudi 28 mars 2013
Les pesticides perturbent le cerveau des abeilles, selon une étude
PARIS - Des pesticides pouvant être utilisés pour
sur les cultures ou dans les ruches perturbent le fonctionnement du cerveau des
abeilles, affectant notamment leurs facultés de mémoire et d'orientation, selon
une étude publiée mercredi.
(©AFP / 27 mars 2013 18h30)
Cette étude paraît dans Nature Communications alors
que la Commission européenne propose d'interdire, pendant deux ans,
l'utilisation de plusieurs pesticides mortels pour les abeilles. Cette
proposition, visant des substances appelées néonicotinoïdes, a été rejetée à la
mi-mars par une majorité d'Etats, mais la Commission a annoncé un nouveau vote
au printemps en espérant une entrée en vigueur au 1er juillet.
L'étude s'intéresse aux effets sur le cerveau des
abeilles de deux de ces nénicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures,
ainsi qu'à un autre type de pesticides, appelés organophosphorés, en
l'occurrence le coumaphos, parfois utilisé contre le parasite Varroa dans les
ruches, selon les chercheurs.
En cas d'exposition à des concentrations similaires
à celles constatées en champs, les abeilles subissent des perturbations, ont-ils
observé.
Ensemble, ces deux classes de pesticides montrent
un impact négatif plus grand sur le cerveau de l'abeille et semblent inhiber
l'apprentissage des abeilles, a indiqué à l'AFP, Christopher Connolly, chercheur
au centre de recherche médical de l'université de Dundee (Ecosse) et co-auteur
de l'étude.
Le 16 janvier, l'autorité européenne de sécurité
des aliments (EFSA) avait rendu des conclusions, qualifiées d'inquiétantes par
la Commission européenne, sur l'impact sur le nectar et le pollen des trois
néonicotinoïdes que Bruxelles souhaite aujourd'hui suspendre.
Les auteurs de l'étude appellent pour leur part à
un examen plus approfondi des alternatives possibles à ces substances, dont les
effets sur la santé des abeilles restent faibles, assurent les fabricants,
lorsqu'ils sont utilisés dans les règles.
Dans un commentaire, un professeur d'apiculture de
l'Université du Sussex, Francis Ratnieks, a estimé pour sa part que les
concentrations de pesticides utilisées dans l'étude sont plus importantes que
celles constatées dans la réalité. Nous ne savons pas si des niveaux faibles de
nénicotinoïdes dans le nectar et le pollen des plantes traitées (...) ont des
impacts négatifs dans le monde réel, a-t-il estimé.
(©AFP / 27 mars 2013 18h30)
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