Le Conseil national de la Résistance fut réactivé l'été 2008. Le CNR en Midi-Pyrénées est la déclinaison régionale de ce réseau organisé pour mener une résistance créatrice d'alternatives. Nous contribuons ainsi par notre action politique coopérative à construire Un Autre Monde... "Créer, c'est Résister. Résister, c'est créer."
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jeudi 20 juin 2013
L’Europe de l’Est s’embrase
Depuis l’hiver dernier, un vent de révolte souffle sur toute
l’Europe de l’Est. Les anciens membres du bloc soviétique tremblent tous
ou presque devant les révoltes et rassemblements qui prennent vie un
peu partout.
Récemment, c’est la Bulgarie qui connait un scénario des plus
haletants : les manifestations de l’hiver ont eu raison du Premier
Ministre qui avait convoqué des élections législatives anticipées. La
colère des habitants, notamment à cause d’une hausse vertigineuse des
prix de l’énergie, ne s’est pas traduite par une majorité claire et
précise dans les urnes. Grâce à une coalition inédite composée du parti
libéral lié à la minorité turque et le parti de centre-gauche, c’est
Plamen Orecharski, ancien ministre des finances, qui a été nommé chef du
gouvernement bulgare.
Malgré un programme ambitieux en vue de relancer l’économie, – proposant notamment l’augmentation de 50 % des allocations familiales, le doublement de l’allocation scolaire, une hausse du salaire minimum, des pensions de retraite, la suppression de l’impôt sur le revenu pour les salariés payés au salaire minimum et le renforcement du contrôle public du secteur de l’énergie – ce pro-européen ne fait pas l’unanimité et les révoltes n’ont pas cessé depuis sa nomination, le 29 mai dernier.
Les Bulgares expriment la une colère que d’autres ont traduit par des agissements bien plus tragiques : depuis quelques mois, sept personnes se sont suicidés parce qu’ils n’en pouvaient plus, certains ayant laissé des mots pour exprimer leur dépit face à une situation de plus en plus invivable pour ce nouveau pays de l’UE. La fronde s’est constituée autour de la corruption extraordinaire qui gangrène le pays, dénoncée par une majorité de la population depuis des mois.
Ce qui a remis le feu aux poudres, c’est la nomination vendredi dernier du député Delyan Peevski à la tête de l’Agence de sécurité nationale. Ce dernier est accusé par la population d’être soumis à l’oligarchie et de ne posséder aucune expérience pour gérer ce type de mission. De plus, la constitution d’une richesse inexplicable et son influence dans des médias contrôlés par sa famille jettent l’opprobre sur les réelles motivations de ce député. Depuis presqu’une semaine donc, les manifestations se multiplient. Elles dénoncent également les mesures d’austérité que l’ex Premier-Ministre avait établies, renforçant par la même occasion une pauvreté déjà bien installée.
La Bulgarie n’est pas le seul Etat d’Europe de l’Est à connaitre pareil scenario : la Macédoine connait à son tour une mobilisation important afin de conserver un espace vert menacé par un projet d’urbanisme. Ces manifestations ont même d’ailleurs permis à des personnes issues de communautés différentes de se retrouver et de manifester ensemble, un phénomène suffisamment rare pour qu’il soit souligner. Bien que le cortège soit bien plus modeste qu’en Turquie, cette mobilisation n’est pas sans rappeler l’origine des manifestations sur la place Taskim.
Par ailleurs, la Serbie est elle aussi dans une situation quasi similaire, mais là, non pas à la Macédoine ou à la Turquie, mais plutôt à la Grèce ! Des mesures d’austérité ont été votées et validées par, bien évidemment, une coalition gouvernementale, afin d’éviter la « faillite » du pays. Le pays va donc privatiser de nombreuses entreprises comme pour suivre une mode qui, on le sait aujourd’hui, ne fait que renforcer la précarité.
Alors que bon nombre d’analyses nous permettent aujourd’hui de savoir que les plans d’austérité classiques comprenant privatisation et gel des salaires sont une absurdité, cette méthode est reprise là où le FMI et ses alliés fourrent leur nez, et à Belgrade, les mandarins de Washington ne sont pas très loin des décisions prises par ce triste gouvernement. En 2011, un milliard d’euro avait été prêté par l’instance internationale à ce petit pays des Balkans.
Si seulement quelques mouvements ont commencé à exister ci et là dans le pays, nul doute qu’avec de telles mesures, la fronde ne devrait pas tarder à se faire sentir.
Enfin, la Bosnie connait elle aussi une vague de protestation : vendredi, des familles ont ainsi occupé le Parlement afin de protester contre le refus des autorités nationales d’attribuer aux nouveau-nés un numéro d’identité ! Les députés du parlement tripartite n’arrivent pas à se mettre d’accord depuis février sur ce sujet et de fait, aucun papier ne peut être délivrés au nouveau-nés, ce qui, depuis quelques semaines a causé la mort de deux nourrissons qui auraient dû se faire opérer à l’étranger, mais qui faut de papiers d’identité n’ont pu obtenir de visa.
Malgré un programme ambitieux en vue de relancer l’économie, – proposant notamment l’augmentation de 50 % des allocations familiales, le doublement de l’allocation scolaire, une hausse du salaire minimum, des pensions de retraite, la suppression de l’impôt sur le revenu pour les salariés payés au salaire minimum et le renforcement du contrôle public du secteur de l’énergie – ce pro-européen ne fait pas l’unanimité et les révoltes n’ont pas cessé depuis sa nomination, le 29 mai dernier.
Les Bulgares expriment la une colère que d’autres ont traduit par des agissements bien plus tragiques : depuis quelques mois, sept personnes se sont suicidés parce qu’ils n’en pouvaient plus, certains ayant laissé des mots pour exprimer leur dépit face à une situation de plus en plus invivable pour ce nouveau pays de l’UE. La fronde s’est constituée autour de la corruption extraordinaire qui gangrène le pays, dénoncée par une majorité de la population depuis des mois.
Ce qui a remis le feu aux poudres, c’est la nomination vendredi dernier du député Delyan Peevski à la tête de l’Agence de sécurité nationale. Ce dernier est accusé par la population d’être soumis à l’oligarchie et de ne posséder aucune expérience pour gérer ce type de mission. De plus, la constitution d’une richesse inexplicable et son influence dans des médias contrôlés par sa famille jettent l’opprobre sur les réelles motivations de ce député. Depuis presqu’une semaine donc, les manifestations se multiplient. Elles dénoncent également les mesures d’austérité que l’ex Premier-Ministre avait établies, renforçant par la même occasion une pauvreté déjà bien installée.
La Bulgarie n’est pas le seul Etat d’Europe de l’Est à connaitre pareil scenario : la Macédoine connait à son tour une mobilisation important afin de conserver un espace vert menacé par un projet d’urbanisme. Ces manifestations ont même d’ailleurs permis à des personnes issues de communautés différentes de se retrouver et de manifester ensemble, un phénomène suffisamment rare pour qu’il soit souligner. Bien que le cortège soit bien plus modeste qu’en Turquie, cette mobilisation n’est pas sans rappeler l’origine des manifestations sur la place Taskim.
Par ailleurs, la Serbie est elle aussi dans une situation quasi similaire, mais là, non pas à la Macédoine ou à la Turquie, mais plutôt à la Grèce ! Des mesures d’austérité ont été votées et validées par, bien évidemment, une coalition gouvernementale, afin d’éviter la « faillite » du pays. Le pays va donc privatiser de nombreuses entreprises comme pour suivre une mode qui, on le sait aujourd’hui, ne fait que renforcer la précarité.
Alors que bon nombre d’analyses nous permettent aujourd’hui de savoir que les plans d’austérité classiques comprenant privatisation et gel des salaires sont une absurdité, cette méthode est reprise là où le FMI et ses alliés fourrent leur nez, et à Belgrade, les mandarins de Washington ne sont pas très loin des décisions prises par ce triste gouvernement. En 2011, un milliard d’euro avait été prêté par l’instance internationale à ce petit pays des Balkans.
Si seulement quelques mouvements ont commencé à exister ci et là dans le pays, nul doute qu’avec de telles mesures, la fronde ne devrait pas tarder à se faire sentir.
Enfin, la Bosnie connait elle aussi une vague de protestation : vendredi, des familles ont ainsi occupé le Parlement afin de protester contre le refus des autorités nationales d’attribuer aux nouveau-nés un numéro d’identité ! Les députés du parlement tripartite n’arrivent pas à se mettre d’accord depuis février sur ce sujet et de fait, aucun papier ne peut être délivrés au nouveau-nés, ce qui, depuis quelques semaines a causé la mort de deux nourrissons qui auraient dû se faire opérer à l’étranger, mais qui faut de papiers d’identité n’ont pu obtenir de visa.
mardi 18 juin 2013
TURQUIE : SOUTENIR GEZI PARKI Rassemblement ce soir à Toulouse.
mardi 18 juin 2013 à 18h
http://toulouse.demosphere.eu/rv/6261Lieu : Toulouse
La situation empire en Turquie, notamment a Istanbul où la répression se fait de plus en plus dure. Les médias n'en parlent que peu où minimisent la réalité. Quelques informations de source directe : depuis hier :
-15/06 : La police a attaqué très durement le campement de résistance du parc Gezi, utilisant des balles en plastique ainsi que de nombreuses substances chimiques, entre autre, des acides mélangées à l'eau des TOMA : chars anti-émeute munis de karshers. On dénombre plus de 200 blessés à midi.
-15/06 : Les infirmeries d'urgence ainsi que des hôpitaux ont été attaqués, gazés et détruits, de même que de multiples médecins arrêtés pour avoir soigné des manifestants.
-15/06 : Le ministre de l'Europe déclare que toute personne entrant dans Taksim sera considéré comme un terroriste et jugé comme tel. La police aura les mêmes droits de traitement que lors de cas anti-terroristes.
-15 et 16/06 : les journalistes ne sont pas autorisés a entrer dans le parc, ni a filmer les environs. Certains le font quand même. Un journaliste russe est gravement blessé par la police, il est en ce moment dans un état critique à l'hôpital bien que sous bonne surveillance policière puisqu'en état d'arrestation.
-Le gouvernement de l'AKP continue de mentir effrontément sur la situation et sur les mesures de répression prises à l'encontre de la population en lutte.
-Comme d'usage depuis le début de ce mouvement, les transports publics sont arrêtés lors des attaques pour empêcher les individus de se rendre sur place. On observe pourtant de larges foules pédestres traverser les ponts, se rassembler de partout pour rejoindre Taksim et faire part de leur colère.
-Les familles de celles et ceux qui se font arrêtés ignorent où sont emmenés leurs enfants, femmes, parents... parfois pendant plusieurs jours.
-Les milliers de personnes assistants aux funérailles de Ethem Sarisülük ont été violemment attaquées par la police à Ankara. Les transports publics avaient préalablement été bloqués pour empêcher la foule qui souhaitait assister aux funérailles.
-En contre partie, les bus et les bateaux ont été réquisitionnés pour transporter les partisans de l'AKP (payés chacuns 30 liras pour le déplacement, ce qui équivaut a peu près a la moitié d'un salaire journalier) aux meetings qui avaient lieux à Ankara et à Istanbul.
-De nombreuses vidéos ont été prises qui montrent des partisans du gouvernement caillassant les opposant sous le regard bienveillant des forces de l'ordre.
Ce mouvement ne s'arrêtera pas de si tôt, les opposant/es à Erdogan sont nombreux/ses et déterminé/es.
Soulevons nous contre la répression qu'ils et elles subissent et retrouvons nous nombreux/ses mardi à 18h sur la place du Capitole pour leur prouver notre soutien.
Ce rassemblement pourra aussi être l'occasion de se rencontrer pour réfléchir à d'autres formes de soutien possible.
vendredi 14 juin 2013
Révolte populaire en Turquie : Le Sud passe au vert
La révolte qui
agite la Turquie a été allumée par une étincelle écologique :
la protestation contre le projet de construction d’un centre commercial sur la
place Taksim d’Istanbul, qui devrait détruire le parc Gezi. A partir de cette
étincelle, le mouvement a pris une ampleur qui dépasse de beaucoup son amorce et
implique bien davantage que le refus d’une politique méprisant l’environnement
au nom du développement économique. La séquence n’en est pas moins
remarquable.
Comme il est
remarquable que, de point de vue, le cas turc est loin d’être isolé. De plus en
plus souvent, dans les pays émergents, la protestation écologique est un des
principaux motifs d’agitation sociale. Au Chili, le grand mouvement étudiant de
2011 avait pris appui sur le succès inattendu de la manifestation à Santiago
contre un projet de grands barrages en
Patagonie. En Pologne, une résistance paysanne s’affirme
contre les tentatives d’exploration du gaz de schiste. En Chine, les
protestations locales contre des usines polluantes sont le ferment le
plus actif d’expression de l’insatisfaction sociale sous un régime qui reste
très répressif. En Inde, le mouvement des paysans sans terre
et les nombreuses résistances à des projets de complexes industriels ou de
centrales nucléaires font écho à la rébellion naxalite qui s’appuie dans l’est
du pays sur la résistance des autochtones à des plans miniers. Au Pérou comme en
Bolivie, la protestation contre des projets de mines ou de routes à travers des
parcs naturels ont ébranlé les gouvernements. Au Brésil, si la résistance au barrage de Belo Monte reste
localisée, la place qu’a su prendre l’écologiste Marina Silva sur la scène
politique montre l’importance de la préoccupation environnementale chez le géant
d’Amérique latine.
Peut-on parler
d’un « soulèvement contre le développement », comme l’écrit l’analyste Ali
Bektas à propos des événements de Turquie ? Sans doute est-ce
prématuré. Mais il est clair que la croissance effrénée que connaissent nombre
de pays du sud suscite de plus en plus de frustrations, en raison de ses effets
secondaires néfastes et de son caractère souvent inéquitable. L’écologie n’est
décidément plus un « luxe de pays riches », comme on l’entend
parfois, mais bien un élément moteur des dynamiques sociales dans tous les pays
du monde.
La destruction
écologique peut aussi influencer l’agitation sociale par la misère qu’elle
entraîne, comme le signale le
François Gemenne, chercheur à l’Institut du développement durable et
des relations internationales. Bon connaisseur du Bangladesh, il observe que la
radicalisation islamiste qui agite le pays peut être associée au dénuement de
populations rurales qui perdent souvent leurs maigres avoirs sous les coups de
conditions environnementales de plus en plus dévastatrices. Elles se
rapprocheraient par désespoir du fanatisme religieux.
Il faut raffiner
et préciser ces pistes d’analyse. Mais ce qui est sûr, c’est que la
compréhension des enjeux sociaux de la crise écologique doit intégrer l’analyse
géopolitique.
Source :
Cette chronique devait être publiée dans Le Monde du 8-9 juin
2013.
Photo : Sur la place
Taksim, à Istanbul (lesnouveautes.fr)
mardi 4 juin 2013
Turquie. La révolte des indignés dans la rue
Source La dépêche du Midi.
Les affrontements ont repris hier pour la quatrième journée consécutive en Turquie entre policiers et manifestants hostiles au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Un jeune homme a été tué dimanche soir à Istanbul par une voiture. 1700 personnes ont déjà été arrêtées.
«Ce n'est pas une bande de pillards qui va me faire reculer». Droit dans ses bottes, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan est de ceux qui estiment que ce n'est pas la rue qui gouverne. Et cela malgré une opposition de plus en plus forte qui soulève le pays.Dimanche soir, ce sont des milliers et des milliers de Stambouliotes qui ont, avec une certaine bonne humeur et une belle ironie, signifié à Erdogan leur mécontentement, en lui offrant un sonore concert de casseroles et de gamelles…
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