Toulouse, le 16 octobre 2013 A l’attention de : Madame Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires sociales et de la Santé Madame Cécile DUFLOT, Ministre de l'Egalité des territoires et du Logement Monsieur Henri-Michel COMET, Préfet de la région Midi-Pyrénées Madame Monique CAVALIER, Directrice de l'Agence Régionale de Santé Midi-Pyrénées Monsieur Pierre COHEN, Maire de la ville de Toulouse Monsieur Pierre IZARD, Président du conseil général de le Haute-Garonne Monsieur Martin MALVY, Président du conseil régional Midi-Pyrénées Depuis le 16 avril dernier, à la fin de l’accueil hivernal à Toulouse et partout en France, de nombreuses familles avec des enfants en bas âge se retrouvent à la rue. Face à cette situation, le Collectif SDF 31 le DAL (Droit Au Logement), et le GPS (Groupement Pour la défense du travail Social) se sont constitués en collectif pour venir en aide à ces familles. Ce collectif rassemble à la fois des militants, des travailleurs sociaux et des personnes et des familles sans abri. Depuis la fin de l’hiver, nous avons réquisitionné plusieurs bâtiments publics pour y mettre à l’abri ces nombreuses familles dont le nombre ne cesse d’augmenter de manière exponentielle. Mais là n’est pas notre seul objectif, nous revendiquons notre volonté que l’État assume ses responsabilités en matière d’hébergement, de droit au logement et plus largement l’accès aux droits les plus fondamentaux. Nous ne pouvons plus accepter que l’État ait une approche gestionnaire de la précarité prétextant le manque de moyens. Nous pensons fermement que créer des structures d’hébergement pérennes ouvertes toute l’année et en journée, avec des travailleurs sociaux qui auraient pour mission d’accompagner les personnes dans leurs démarches administratives et d’accès à leurs droits reviendrait à terme moins cher à l’État, donc à la Collectivité, qui aujourd’hui dépense des sommes astronomiques dans des nuitées d’hôtel qui profitent en grande partie à des marchands de sommeil. Cette situation dure depuis bien trop longtemps, ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme puisque nous nous attendions à ce type de dérives et de conséquences désastreuses pour les familles et les personnes en situation de grande précarité. Les dispositifs sont saturés, plus de 93% des demandes d’hébergement en Haute-Garonne au 115 n’ont pas de réponse favorable. En 2012 en Haute-Garonne, 27 personnes sont décédées des conséquences de leur vie à la rue. Face à l’inertie des pouvoirs publics, nous n’avions qu’une seule solution: agir. Nous n’avons cependant pas vocation à gérer ces lieux et pallier les carences de l’État, c’est à lui et aux Collectivités Territoriales de prendre leurs responsabilités. Nous tenons également à préciser que, au sein de ces réquisitions citoyennes, un travail sérieux est fait pour accompagner les personnes dans leurs démarches administratives: elles sont orientées dans le cadre du droit commun, en majorité vers le PAIO qui fait en sorte que les familles aient accès à leurs droits (santé, logement, domiciliation postale, droit au séjour, scolarité des enfants…), en lien avec les partenaires institutionnels et/ou associatifs. Nous dénonçons également avec force la répression féroce ayant pour résultat l’expulsion systématique des bâtiments que nous réquisitionnons. Dans bien des cas la Préfecture n’a pas respecté la loi pour nous empêcher de défendre nos droits en utilisant les moyens juridiques et législatifs mis à notre disposition dans ce type de procédure. Malgré l’augmentation de la capacité d’accueil d’hébergement, le nombre de personnes sans domicile fixe a doublé durant les années 2000. Si les logements sociaux, les hébergements, et les réquisitions d’État étaient suffisants, les réquisitions citoyennes ne seraient pas nécessaires. Les familles et personnes concernées par les réquisitions citoyennes n’y vivent que parce qu’elles n’ont pas accès à un hébergement ou un logement social. Cependant nous n’oublions pas que certaines personnes souhaitent vivre dans des habitations alternatives, qu’elles considèrent plus émancipatrices. Nous soutenons leurs droits à y accéder. Nous respectons et défendons le droit de toutes et tous à avoir accès à des solutions adaptées et qui correspondent à leurs besoins. Pas de réquisitions citoyennes de biens appartenant à des petits propriétaires ou des SCI familiales : comme le prouvent les réquisitions du collectif DAL Toulouse- Collectif SDF 31- GPS, nous privilégions les bâtiments de biens appartenant à des bailleurs sociaux ou des grands propriétaires, à défaut de bâtiments de l’État à qui incombe la mise à l’abri des personnes. Bien plus qu’une mise à l’abri… Nos projets participent à l’autonomisation des personnes à travers le droit commun et à la stabilisation de leurs situations par les démarches sociaux-administratives, la scolarisation, l’emploi, la santé… Ces lieux de vie reposent sur le principe de l’autogestion et permettent de sortir les personnes de l’isolement : ouverture sur le quartier, liens avec de nombreuses associations et accompagnement par des travailleurs sociaux militants… Nous attendons la mise en oeuvre par l’État du droit inconditionnel à l’hébergement et du droit au logement opposable. Nous proposons de travailler avec des représentants des collectivités locales et de l’État, avec d’autres associations et avec des bailleurs sociaux afin de concevoir ensemble des projets innovants et diversifiés qui permettront à chacun d’avoir accès à une solution adaptée. Nous déplorons enfin la tentative de division initiée par l’inertie de l’État qui a pour conséquence des poursuites judiciaires intentées par les grosses associations gestionnaires à l’encontre des petits collectifs qui luttent et oeuvrent pour le même objectif : l’hébergement des familles, même s’il existe des divergences sur les solutions pour y parvenir. Nous, le Collectif SDF/DAL/GPS demandons à ce que l’État s’engage à assumer les responsabilités qui lui incombent en matière d’hébergement et de logement, que nous soyons reçus à la table des négociations pour trouver des solutions et que nous puissions proposer notre projet que nous pensons réalisable. Dans le cas d’une fin de non recevoir, nous continuerons sans relâche notre lutte, nos réquisitions citoyennes jusqu’à ce que nous soyons entendus. Il est donc grand temps de stopper la judiciarisation et la financiarisation concernant la précarité et toutes les problématiques qui en découlent. De retrouver du bon sens et une approche humaine dans le traitement de la précarité tant au niveau local que national. Face à l’urgence, l’intolérable, l’inertie des pouvoirs publics, les fins de non recevoir, la répression, les expulsions, nous poursuivrons notre lutte jusqu’à ce nous soyons entendus et reçus. Collectif SDF 31 /DAL Toulouse / GPS Contacts : Corinne 06 75 10 12 49 Thomas 06 01 79 45 72 csdf31.gps.dal@ouvaton.org
Le Conseil national de la Résistance fut réactivé l'été 2008. Le CNR en Midi-Pyrénées est la déclinaison régionale de ce réseau organisé pour mener une résistance créatrice d'alternatives. Nous contribuons ainsi par notre action politique coopérative à construire Un Autre Monde... "Créer, c'est Résister. Résister, c'est créer."
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vendredi 18 octobre 2013
Hébergement et mal logement : Lettre ouverte du Collectif SDF 31 /DAL Toulouse / GPS
Source : Blog du GPS
lundi 1 juillet 2013
Logement : et si on faisait revivre les coopératives d'habitat ?
Publié dans Rue 89 le 05/09/2008
La recherche de logement, quelle galère ! Les visites d’appartement
sans fenêtre, la cage à lapin au dernier étage sans ascenseur, le studio
au prix d’un T3… Quant aux loyers, ils ne cessent d’augmenter (+2,38%
au deuxième semestre 2008) et pèsent de plus en plus dans les budgets
des ménages. Et si la solution résidait dans l’habitat associatif ?
En France, seulement 433 000 des 1,2 million de demandeurs de logement social ont pu accéder au parc HLM en 2006. Ce type d’habitat montre-t-il ses limites ? D’autant que le dernier projet de loi sur le logement prévoit d’assouplir la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) en permettant d’inclure les programmes immobiliers d’accession sociale à la propriété dans les 20% de logements locatifs sociaux.
Autrement dit : les 400 maires (sur 730) qui n’ont toujours pas atteint les quotas obligatoires pourraient comptabiliser les constructions de ménages plus aisés que ceux visés prioritairement par la loi SRU. Les associations d’aide au logement sont sur le pied de guerre. D’autres préconisent de supprimer les HLM et de subventionner les ménages plutôt que les habitations. Du côté de la propriété, le tableau n’est guère plus optimiste. Dernièrement, le rehaussement des taux d’intérêt rend l’accès au crédit bancaire de plus en plus difficile pour les particuliers.
Alors, propriétaire ou locataire ? Loin du tapage médiatique, les particuliers s’interrogent. Et finalement, pourquoi pas les deux ?
L’habitat coopératif, la solution ?
La solution se trouve peut-être hors de nos frontières : Suisses, Danois, Norvégiens et Québécois ont opté pour l’habitat coopératif. Le concept : mettre en commun des ressources humaines et matérielles pour accéder à un logement de qualité, tout en favorisant un style de vie basé sur l’échange et la responsabilité. Si l’idée paraît simple, la concrétisation se révèle plus complexe.
Dans les pays pionniers, les coopératives, très nombreuses, servent de relais aux autorités publiques en matière d’habitations mixtes et de logement social : 50 000 habitants au Québec, 17% du parc immobilier en Norvège, 10% en Suède. En France, ce modèle, qui avait connu un certain essor dans les années 1950-60 avant de disparaître au profit des HLM dans les années 70, refait surface. Des associations se créent pour accompagner les porteurs de projet.
Au dire des résidents, nul besoin d’être une bande d’amis pour se lancer dans un projet de coopérative. Le désir de vivre dans un logement convivial, un naturel plutôt sociable et une vision pas trop figée de sa maison idéale sont les ingrédients de base. Les relations avec les futurs voisins sont testées dès la première phase du projet.
Les coopérateurs confrontent leurs intérêts et établissent des plans de construction (ou de rénovation) en fonction de leurs besoins et du cadre de vie auquel ils aspirent. A noter que très souvent, la dimension écologique fait partie intégrante de la conception du bâtiment coopératif. Ensuite, ils avancent en commun une partie du capital (entre 5% et 20% suivant les pays et les projets) et empruntent le reste auprès d’une banque.
Des résidents à la fois propriétaires et locataires
Comme dans toutes coopératives, les membres ont un double statut. Détenteurs de parts sociales (proportionnellement à la superficie de leur futur appartement), ils deviennent propriétaires (collectivement) des biens acquis par la coopérative et bénéficient du droit de participer aux décisions. « Quel que soit le capital apporté, le principe “ une personne, une voix ” garantit le fonctionnement démocratique de la structure » explique Bertille Darragon, permanente de l’association française Habicoop.
D’autre part, les habitants sont locataires :
ils versent un loyer à la coopérative qui correspond au coût réel du
logement (frais de fonctionnement et remboursement de l’emprunt). Ces
loyers se situent généralement dans le bas de la fourchette des prix de
l’immobilier et demeurent inchangés au fil des ans. En cas de départ
d’un coopérateur, la vente des parts sociales ne peut donner lieu à
aucune plus-value. Un bien immobilier qui entre dans le système
coopératif n’est donc plus soumis à la spéculation immobilière. Les
habitants restent maîtres des lieux, mais aussi des prix.
Si l’argument budgétaire semble convaincant, « le style de vie » est toujours la réponse qui arrive en tête lorsqu’on interroge les coopérateurs sur leur choix. « Quelle alternative existe-t-il entre la villa individuelle cachée derrière sa haie de thuyas et le squat collectif ? », caricature Philippe Schneider, habitant de la coopérative Inti (Suisse). Invariablement, les habitants affirment rechercher un mode de vie qui intègre le partage, la solidarité, l’entraide entre voisins.
La mixité sociale est encouragée par les loyers modérés et la mutualisation de l’apport financier qui permet d’accéder au crédit bancaire. Dans le cas du « village vertical », projet lyonnais qui devrait voir le jour en 2011, les coopérateurs pensent réserver un appartement à une association de solidarité pour les sans-logis. Le même type de partenariat existe pour permettre la venue de personnes âgées ou en situation de dépendance. Pour Philippe Schneider, « l’immeuble est comme une petite société » :
En France, seulement 433 000 des 1,2 million de demandeurs de logement social ont pu accéder au parc HLM en 2006. Ce type d’habitat montre-t-il ses limites ? D’autant que le dernier projet de loi sur le logement prévoit d’assouplir la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) en permettant d’inclure les programmes immobiliers d’accession sociale à la propriété dans les 20% de logements locatifs sociaux.
Autrement dit : les 400 maires (sur 730) qui n’ont toujours pas atteint les quotas obligatoires pourraient comptabiliser les constructions de ménages plus aisés que ceux visés prioritairement par la loi SRU. Les associations d’aide au logement sont sur le pied de guerre. D’autres préconisent de supprimer les HLM et de subventionner les ménages plutôt que les habitations. Du côté de la propriété, le tableau n’est guère plus optimiste. Dernièrement, le rehaussement des taux d’intérêt rend l’accès au crédit bancaire de plus en plus difficile pour les particuliers.
Alors, propriétaire ou locataire ? Loin du tapage médiatique, les particuliers s’interrogent. Et finalement, pourquoi pas les deux ?
L’habitat coopératif, la solution ?
La solution se trouve peut-être hors de nos frontières : Suisses, Danois, Norvégiens et Québécois ont opté pour l’habitat coopératif. Le concept : mettre en commun des ressources humaines et matérielles pour accéder à un logement de qualité, tout en favorisant un style de vie basé sur l’échange et la responsabilité. Si l’idée paraît simple, la concrétisation se révèle plus complexe.
Dans les pays pionniers, les coopératives, très nombreuses, servent de relais aux autorités publiques en matière d’habitations mixtes et de logement social : 50 000 habitants au Québec, 17% du parc immobilier en Norvège, 10% en Suède. En France, ce modèle, qui avait connu un certain essor dans les années 1950-60 avant de disparaître au profit des HLM dans les années 70, refait surface. Des associations se créent pour accompagner les porteurs de projet.
Au dire des résidents, nul besoin d’être une bande d’amis pour se lancer dans un projet de coopérative. Le désir de vivre dans un logement convivial, un naturel plutôt sociable et une vision pas trop figée de sa maison idéale sont les ingrédients de base. Les relations avec les futurs voisins sont testées dès la première phase du projet.
Les coopérateurs confrontent leurs intérêts et établissent des plans de construction (ou de rénovation) en fonction de leurs besoins et du cadre de vie auquel ils aspirent. A noter que très souvent, la dimension écologique fait partie intégrante de la conception du bâtiment coopératif. Ensuite, ils avancent en commun une partie du capital (entre 5% et 20% suivant les pays et les projets) et empruntent le reste auprès d’une banque.
Des résidents à la fois propriétaires et locataires
Comme dans toutes coopératives, les membres ont un double statut. Détenteurs de parts sociales (proportionnellement à la superficie de leur futur appartement), ils deviennent propriétaires (collectivement) des biens acquis par la coopérative et bénéficient du droit de participer aux décisions. « Quel que soit le capital apporté, le principe “ une personne, une voix ” garantit le fonctionnement démocratique de la structure » explique Bertille Darragon, permanente de l’association française Habicoop.
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Si l’argument budgétaire semble convaincant, « le style de vie » est toujours la réponse qui arrive en tête lorsqu’on interroge les coopérateurs sur leur choix. « Quelle alternative existe-t-il entre la villa individuelle cachée derrière sa haie de thuyas et le squat collectif ? », caricature Philippe Schneider, habitant de la coopérative Inti (Suisse). Invariablement, les habitants affirment rechercher un mode de vie qui intègre le partage, la solidarité, l’entraide entre voisins.
La mixité sociale est encouragée par les loyers modérés et la mutualisation de l’apport financier qui permet d’accéder au crédit bancaire. Dans le cas du « village vertical », projet lyonnais qui devrait voir le jour en 2011, les coopérateurs pensent réserver un appartement à une association de solidarité pour les sans-logis. Le même type de partenariat existe pour permettre la venue de personnes âgées ou en situation de dépendance. Pour Philippe Schneider, « l’immeuble est comme une petite société » :
« On y trouve de tout : des familles, des couples, des jeunes, des moins jeunes… Les habitants se croisent dans la buanderie du rez-de-chaussée, se retrouve sur la terrasse du toit pour un barbecue ou au sous-sol pour un concert en soirée ». Ils assurent ensemble la gestion et l’entretien de l’immeuble, misant sur la responsabilité de chacun. Et ça marche ! »
vendredi 19 avril 2013
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