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lundi 6 juillet 2015

Victoire du Non contre la politique antidémocratique de l'UE

Communiqué de Ensemble*!

Le peuple grec a tranché. Les dirigeants européens ont été mis en échec
La victoire du Non c'est un non à toujours plus d'austérité, à toujours plus de régression sociale que la troïka, les institutions européennes et internationales voulaient imposer contre quelques milliards.
Le peuple grec n'en peut plus d'une politique européenne qui entraine chômage, précarité, pauvreté, destruction des services publics et de santé.
L'essentiel des dizaines de milliards des différents plans d'aide a eu pour seule fonction de sauver les banques de la banqueroute. La population n'a bénéficié que de la portion congrue.
Durant les «négociations » ces derniers mois, les dirigeants de l'Union européenne, de l'Eurogroupe, de la BCE et du FMI n'ont eu de cesse de vouloir humilier le gouvernement d'A. Tsipras et ont tout fait pour le discréditer, provoquer sa chute et le remplacer par un nouveau gouvernement tout dévoué à Bruxelles.
"Ensemble!" exprime toute sa joie, et toute sa solidarité avec le peuple grec, devant cette victoire de la démocratie contre les saigneurs du monde qui n'ont pas hésité à faire une campagne éhontée de pression et de rumeurs, utilisant tous les moyens à leur disposition, pour faire pencher la balance du coté du oui.
Le peuple grec ouvre une nouvelle voie en Europe, la voie d'une politique alternative attentive aux besoins sociaux et humains, à la démocratie, et refusant de les sacrifier pour le plus grand profit des banques et des multinationales.
F. Hollande doit respecter le vote du peuple grec.
La lutte va continuer contre des créanciers et les institutions internationales qui refusent de reconnaître que la dette de la Grèce est illégitime et insoutenable.
Les manifestations de ces derniers jours, l'unité intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires) ont montré que la solidarité pouvait devenir plus forte. Dans un récent sondage, 65% des personnes interrogées ont répondu qu'elles auraient voté non.
La solidarité internationale doit continuer et s'amplifier pour faire respecter le Non du peuple grec.
Le 5 juillet 2015.

*Ensemble : Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire

Alexis Tsipras : « Ce jour est une fête de la démocratie »

Source : Reporterre

6 juillet 2015 /



Une fête de la démocratie, une lutte pour la justice, une autre Europe : c’est pour ces idées à opposer au masque aveugle de la finance que les Grecs ont voté dimanche. Le premier ministre, Alexis Tsipras, avait trouvé les mots qui unissent, au-delà d’Athènes, l’ensemble des citoyens de l’Europe.

Avec plus de 61 % des voix favorables au rejet du plan imposé par l’Europe institutionnelle à la Grèce, le gouvernement grec a gagné son pari : le référendum qui a eu lieu dimanche 5 juillet lui a redonné une nouvelle légitimité.
Dès le soir, le premier ministre indiquait dans un discours ce qu’il voulait faire : non pas opérer une rupture, "mais faire un accord plus fort". Il n’a pas promis que tout serait simple, mais rappelé aux Européens l’exigence de justice : "Il n’y a pas de solution simple, mais il y a des solutions justes."
Pour lui, "l’Europe ne peut être à sens unique de l’austérité". Sa priorité : refaire fonctionner le système bancaire, avec la Banque centrale européenne dont "je suis certain qu’elle comprend la dimension humanitaire de la situation". Les critères pour un nouveau plan négocié de sortie de crise : "L’égalité sociale et le déplacement de l’effort des faibles aux forts".
Il a rappelé le rapport du FMI (Fonds monétaire international) fuité deux jours avant le référendum : les experts de Washington montrent nettement qu’un remboursement de la dette sera impossible.
Mais dimanche 5 juillet, le premier ministre grec a envoyé ses messages à ses créanciers. Le sens réel de sa démarche et de l’événement, il l’avait exprimé vendredi soir, sur la place Syntagma, devant des dizaines de milliers d’Athéniens. Un texte fort, qui mérite la lecture (la video est à la fin de l’article) :

« La démocratie est une fête et une joie, la démocratie est une libération, la démocratie est une issue »

« Citoyens d’Athènes, peuple grec,
Aujourd’hui nous ne protestons pas, nous ne manifestons pas ; aujourd’hui est un jour de fête. Ce jour est une fête de la démocratie.
La démocratie est une fête et une joie, la démocratie est une libération, la démocratie est une issue.
Et nous célébrons aujourd’hui la victoire de la démocratie. Nous sommes déjà victorieux, quelle que soit l’issue du scrutin de dimanche, car la Grèce a envoyé un message de dignité, un message de fierté.
Personne ne peut ignorer cette passion, cet anxieux désir de vie, cet anxieux désir d’espoir, cet anxieux désir d’optimisme.
Nous célébrons aujourd’hui l’audace et la détermination qui nous ont conduits à prendre notre destin en mains, à rendre la parole au peuple grec.
Aujourd’hui, nous faisons la fête et nous chantons. Nous faisons la fête et chantons pour supplanter le chantage et la peur.
L’Europe telle que nous la connaissions, l’Europe telle qu’elle apparaît au miroir de ses principes fondateurs, n’a pas le moindre rapport avec les menaces et les ultimatums.
Et aujourd’hui, en ce moment même, l’Europe entière a les yeux tournés vers nous, vers le peuple grec, vers ses trois millions de pauvres et son million et demi de chômeurs.
Aujourd’hui la planète entière a les yeux rivés sur la Place de la Constitution et sur toutes les places, petites ou grandes, de notre patrie.
Dans ce lieu qui a vu naître la démocratie, nous donnons à la démocratie une chance de revenir.
De revenir en Europe, car nous voulons que l’Europe revienne à ses principes fondateurs.
À ces principes qu’elle a si longtemps balayés pour appliquer des programmes d’austérité sans issue, violant la volonté des peuples.
Citoyens d’Athènes, peuple grec,
Dimanche, nous adresserons tous ensemble un message de démocratie et de dignité à l’Europe et au monde.
Nous enverrons aux peuples un nouveau message d’espoir.
Car nous ne déciderons pas seulement, ce dimanche, de demeurer en Europe.
Nous déciderons de vivre avec dignité en Europe, de travailler et de prospérer en Europe.
D’être égaux en Europe, à égalité avec tous.
Et, croyez-moi, nul n’a le droit de menacer de couper la Grèce de son espace géographique naturel.
Nul n’a le droit de menacer de diviser l’Europe.
La Grèce, notre patrie, était, est et demeurera le berceau de la civilisation européenne.
C’est en ce lieu, dit la mythologie, que Zeus, en l’enlevant, a conduit la princesse Europe.
Et c’est de ce lieu que les technocrates de l’austérité souhaitent à présent l’enlever.
Mais cela ne sera pas. Car, dimanche, nous leur dirons « non ».
Nous ne laisserons pas l’Europe entre les mains de ceux qui souhaitent soustraire l’Europe à sa tradition démocratique, à ses conquêtes démocratiques, à ses principes fondateurs, aux principes de démocratie, de solidarité et de respect mutuel.
Citoyens d’Athènes, hommes et femmes de tous âges qui vous trouvez ici, aujourd’hui, qui submergez la Place de la Constitution, les rues d’Athènes et des autres grandes villes en bravant la montée de la peur orchestrée, la rhétorique de la terreur propagée tous ces derniers jours,
Citoyens d’Athènes,
Le peuple grec a maintes fois démontré au cours de son histoire qu’il savait retourner un ultimatum à son expéditeur. Car les ultimatums, parfois, reviennent à l’envoyeur.
Les pages les plus éclatantes de l’histoire de ce pays et de ce peuple ont été des pages d’audace et de vertu.
Je vous appelle à ce que nous écrivions ensemble, de nouveau, des pages historiques, celles de notre rétablissement et de notre liberté.
Je vous appelle, ce dimanche, à opposer un « non » haut et clair aux ultimatums. À tourner le dos à ceux qui sèment chaque jour la peur et l’intimidation.
Et, lundi, quel que soit le résultat du processus démocratique, de ce verdict populaire que certains redoutaient et voulaient entraver, nous opposerons également un « non » sans appel à la division.

« Un petit peuple qui se bat, comme le dit le poème, sans épées et sans balles. Qui se bat cependant en ayant dans les mains la plus puissante des armes : la justice »

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Place Syngtama le 3 juillet au soir
« Lundi, quelle que soit l’issue du scrutin, les Grecques et les Grecs n’auront rien qui les sépare. Ensemble, nous nous battrons pour reconstruire une Grèce meilleure que celle que nous ont laissée cinq années de désastre.
Je vous appelle enfin à ne pas prêter l’oreille à ces sirènes dont l’écho ne cesse de s’amplifier, ces sirènes qui hurlent à la peur.
À décider avec votre esprit et votre cœur.
À vous déterminer avec calme et résolution.
À vous prononcer en faveur d’une Grèce fière dans une Europe démocratique.
En faveur d’un peuple, d’un petit peuple qui se bat, comme le dit le poème, sans épées et sans balles.
Qui se bat cependant en ayant dans les mains la plus puissante des armes : la justice.
Parce que la justice est avec nous, parce que nous sommes dans notre droit, nous vaincrons.
Et nul ne peut effacer cela. Nul ne peut occulter ce fait : nous sommes dans notre droit. »

Lire aussi : « La crise grecque montre que le capitalisme n’est plus compatible avec la démocratie »

Source :
. video discours 5 juillet : Youtube
. video discours 3 juillet (video et traduction) : Réseaux citoyens de Saint Etienne

Place de la République, les Parisiens saluent la victoire des Grecs

Source : Politis

Un rassemblement s’est tenu – symboliquement place de la République à Paris – pour saluer le résultat du référendum grec.

De la joie, des sourires, sur tous les visages. C’est ce qui apparaît de ce rassemblement, modeste car quasi improvisé, où l’on croise de nombreuses têtes bien connues des militants de la gauche de (la) gauche. « Grèce-France : résistance ! » est un des slogans les plus fréquents, doublés d’un appel à la « Solidarité avec le peuple grec »
Un millier de personnes. Peut-être un peu plus. Nombreux sont les étudiants ou jeunes travailleurs des quatre coins de l’Europe, les drapeaux (bleus et blancs) grec et tricolores français mêlés, tous brandis fièrement vers le ciel. L’ambiance est à la fête depuis l’annonce de la victoire nette, écrasante même, du « Non » au référendum convoqué par Alexis Tsipras en ce dimanche 5 juin 2015.
Dix ans après celle refusant le projet de Constitution européenne – dont on sait comment les oligarchies européennes, financières et politiques, parviendront à se jouer de la volonté des peuples. Les Français crient : « merci, merci, merci au peuple grec », quand quelques Espagnols parisiens réunis, enthousiastes, scandent dans leur langue maternelle leur espoir pour les futures élections législatives aux Cortes d’octobre prochain : « Syriza, Podemos, venceremos ! »
Banderoles ou fanions du Parti de gauche (PG), du PCF, d’Ensemble !, quelques-uns des Verts-EELV ou du NPA, se mélangent à ceux de Syriza ou du petit parti grec très anti-Euro, se situant à la gauche de Syriza, Antarzia. Et tout le monde crie : « Hollande, Merkel, le FMI, et hop, tout ça, à la poubelle ! » pour signifier l’espoir d’en finir avec les diktats de la troïka. Ce que résume finalement les « Internationale » chantées sans cesse, couplet après couplet, dans la joie et plusieurs langues.
Au milieu de la foule, Jean-Luc Mélechon apparaît, large sourire, accompagné de l’économiste Liêm Hoang-Ngoc, qui vient de quitter le PS et de créer la Nouvelle gauche socialiste, et de Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble. Répondant aux journalistes, le leader du PG a appelé les dirigeants des États européens à cesser « l’aveuglement » puisque ceux-ci « ont provoqué une crise de façon délibérée, pour un milliard et demi d’euros alors que cette somme existe dans les caisses de la Banque centrale européenne, uniquement dans le but de tenter un coup d’État contre Tsipras : c’est raté, car le peuple s’en est mêlé ! »En appelant maintenant « à enfin être raisonnable, et d’arrêter les violences… » Et de signifier, pour Politis, son « espoir de voir le mouvement s’amplifier au niveau européen : chacun s’est appuyé sur l’autre, depuis le “Non” français au TCE qui a aidé les mouvements de l’autre gauche à naître notamment en Allemagne, puis Die Linke à soutenir la constitution du Front de gauche chez nous, puis de Syriza qui, à son tour, a fait croître la dynamique de la formation de Podemos… Mais le plus drôle, c’est que les puissants et les commentateurs à leur service ne voient jamais le coup venir. Comme toute cette semaine où, grâce à une pression médiatique incroyable, ils ont cru que jamais les Grecs ne voteraient “Non”… »

Grèce : Yanis Varoufakis démissionne avec panache

Après le Non (à + de 61 %) au référendum ....

Source : Politis


Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a annoncé lundi matin sa démission pour aider Alexis Tsipras dans les difficiles négociations avec la troïka. Au lendemain de l’écrasante victoire du non au référendum sur les propositions des créanciers d’Athènes, c’est sur son blog qu’il a annoncé son départ :
« Peu de temps après l’annonce des résultats du référendum, on m’a informé d’une certaine préférence de certains membres de l’Eurogroupe, et de "partenaires" associés, (...) pour mon "absence" des réunions ; une idée que le Premier ministre (Alexis Tsipras) a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd’hui. »
« Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté », écrit Yanis Varoufakis qui ne manifeste aucun désaccord avec le chef du gouvernement : Je considère qu’il est de mon devoir d’aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il l’entend, le capital que le peuple grec nous a accordé par référendum hier, poursuit-il en expliquant que les hommes de gauche savent « agir collectivement sans se soucier des privilèges de la charge ».

vendredi 18 octobre 2013

le terrain aux orties

Poésie réaliste
 
Un de ces jours sans soleil de l'hiver dernier, au matin du Samedi, une meute de voitures et de motocyclettes encercla le modeste quartier qu'habitait Leftéris, avec ses fenêtres grillagées de fer et ses rigoles d'égouts au beau milieu de la rue. Et poussant des aboiements sauvages, en descendirent des types aux faces coulées dans le plomb et aux cheveux raides comme la paille. Ordonnant le rassemblement de tous les hommes sur le terrain aux orties. Et ils étaient armés de pied en cap, avec de ces fusils aux gueules basses pointées sur le troupeau.Et une grande peur saisit les garçons , car il se trouvait, presque tous, qu'ils conservaient quelque secret dans leur poche ou dans leur âme. Mais il n'était pas d'autre issue et faisant de nécessité devoir, ils prirent place dans l'alignement et les types aux faces de plomb, aux cheveux de paille et aux lourdes bottes noires, déroulèrent autour d'eux le fil barbelé. Et ils coupèrent en deux les nuées, si bien que de la neige fondante se mit à tomber , et même les mâchoires s'efforçaient de garder les dents à leur place, de peur qu'elles ne fuient ou ne se cassent.
Alors, depuis l'autre côté, on vit s'avancer lentement l'Etre au Visage d'Ombre: il leva un doigt et les heures frissonnèrent à la grande horloge des anges. Et celui devant lequel il venait de s'arrêter, les autres aussitôt l'empoignaient aux cheveux, et le jetaient par terre en le piétinant.Jusqu'à ce qu'arrive l'instant d'un nouvel arrêt , et ce fut devant Leftéris. lequel pourtant ne broncha pas. Il leva seulement les yeux lentement , et les fixa d'un coup si loin, -si loin dans son avenir- que l'autre en ressentit un choc et eut un sursaut de recul dont il faillit tomber.Et fou de rage, il releva quelque peu le tissu noir de sa cagoule, et lui cracha en plein visage. Mais Leftéris ne broncha toujours pas.
A ce moment précis, le Grand Etranger, celui qui marchait derrière avec ses trois galons sur le col, mit les mains sur les hanches et s'esclaffa: regardez les bien, dit il, les hommes qui croient , parait-il, pouvoir changer la marche du monde! Et ne sachant pas, le misérable, qu'il touchait à la vérité , en plein visage, il le cingla trois fois de sa cravache. Mais pour la troisième fois, Leftéris ne broncha pas . Alors, aveuglé par le maigre succès qu'avait la force de ses mains, l'autre, ne sachant trop que faire, tira un revolver et le lui fit tonner à la racine de l'oreille droite.
Et les garçons furent très effrayés , et les types aux faces de plomb, aux cheveux de paille et aux lourdes bottes noires , palirent comme cire.Ensuite, il y eut effervescence d'allées et venues comme lors d'un seîsme , et des étincelles autour des masures: en bien des endroits le papier goudronné tomba des fenêtres , et l'on vit au loin , derrière le soleil, des femmes qui pleuraient , à genoux, sur le malheureux terrain plein d'orties et de noirs caillots de sang. Alors que les douze coups exactement sonnaient à la grande horloge des anges.

Odysseus Elytis
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Pour en savoir davantage sur ce poète grec :
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/elytis.html
 

mardi 25 juin 2013

Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance


Une étude d’Attac montre que les «plans de sauvetage» mis en oeuvre par les institutions de l'Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.
Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics. C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.
Les résultats en détails :
  • 58,2 milliards d’Euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.
  • 101,331 milliards d’Euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’Euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’Euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement[1] » en mars 2012. 11,3 milliards d’Euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.
  • 43,7 milliards d’Euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.
  • 0,9 milliard d’Euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.
Sources: www.attac.at/uploads/media/backgroundmaterial_bailout_english.pdf
« Le but des élites politiques n’est pas de secourir la population grecque mais de sauver le secteur financier » conclut Lisa Mittendrein d’Attac Autriche. « Ils ont utilisé des centaines de milliards d’argent public pour sauver les banques et autres acteurs financiers —en particulier leurs propriétaires— de la crise qu’ils ont provoquée. »
Les élites politiques ont trompé le public en affirmant prendre des « mesures de sauvetage »
Les résultats du rapport d’Attac Autriche réfutent les affirmations publiques des institutions et chefs d’Etat européens, selon lesquelles c’est la population grecque qui a bénéficié desdits « plans de sauvetage ». C’est plutôt elle qui paie pour sauver les banques et les créanciers en subissant une brutale course à l’austérité, ainsi que les catastrophiques conséquences sociales que l’on sait.
Des milliardaires et des fonds spéculatifs bénéficiaires des « sauvetages »
Parmi ceux qui ont bien été sauvés, on compte le clan multimilliardaire Latsis, l’une des plus riches familles grecques, qui détient en grande partie l’Eurobank Ergasias sauvée par l’État (1). Des spéculateurs en ont aussi profité : lors du rachat de la dette en décembre 2012, le fonds spéculatif Third Point a empoché 500 millions d’Euros grâce aux fonds publics européens (2). « Quand Barroso, le président de la Commission européenne, a qualifié le prétendu plan de sauvetage de la Grèce d’acte de solidarité (3), la question est : solidarité avec qui ? », note Dominique Plihon, porte-parole d’Attac France et professeur d'économie financière à l'Université Paris 13.
34,6 milliards d’Euros supplémentaires en paiements d’intérêts
43,6 milliards d’Euros tout au plus (22,46%) desdites « enveloppes de sauvetage » ont été affectés au budget de l’État. Il faut cependant comparer ce montant à celui d’autres dépenses de l’État au cours de la même période, qui n’ont pas bénéficié à toute la population : plus de 34,6 milliards d’Euros ont encore été versés aux créanciers en paiement d’intérêts sur des bons du Trésor en attente (du 2e trimestre 2010 au 4e trimestre 2012 (4)). En outre, l’État grec a affecté une autre enveloppe de 10,2 milliards d’Euros au budget de la défense (2010 et 2011 (5)). Selon certains initiés, Berlin et Paris auraient pressé la Grèce de ne pas réduire ses dépenses militaires parce que cela aurait porté préjudice aux fabricants d’armes allemands et français (6).
Ce n’est pas le premier renflouement des banques
« L’étude de nos amis d’Attac Autriche prouve que le prétendu sauvetage de la Grèce s’avère être un autre renflouement des banques et des riches particuliers » affirme Dominique Plihon. Les banques européennes ont déjà reçu 670 milliards d’Euros de soutien direct de la part de l’État (hors garanties) depuis 2008 (7). Pourtant le secteur financier reste instable en Grèce comme dans toute l’Europe. Ce que démontre une fois encore le récent versement de deux tranches supplémentaires destinées aux recapitalisations des banques pour 23,2 milliards d’Euros depuis décembre 2012.
Les élites politiques échouent à mettre en œuvre les régulations nécessaires…
Les coupes de l’État grec ont frappé si fort les banques locales que l’État est contraint à s’endetter à nouveau pour voler à leur secours avec un renflouement d’un milliard d’Euros. « Au cours des cinq années qui se sont écoulées depuis le krach financier, les politiques européens n’ont pas réussi à réglementer les marchés financiers et à adopter un régime de faillite des banques. Aussi les contribuables sont-ils toujours contraints de venir en aide en cas de pertes, tandis que les propriétaires des banques s’en tirent en toute impunité. Les gouvernements doivent cesser de donner de telles opportunités de chantage au secteur de la finance » critique Dominique Plihon.
… et volent au secours du secteur bancaire grec corrompu
Ce qui est encore pire, c’est que les milliards du plan de sauvetage vont aux banques grecques, même si certaines d’entre elles ont recours à des méthodes douteuses pour remplir les conditions officielles d’éligibilité. En 2012, un rapport de Reuters a révélé les pratiques scandaleuses des banques utilisant un système de Ponzi basé sur des sociétés offshore pour donner un coup de pouce à des prêts non garantis de l’une à l’autre. Elles ont procédé de la sorte pour sembler être encore en mesure d’attirer des capitaux privés et répondre ainsi aux critères de recapitalisation par l’État (8). « Alors que les élites politiques grecques et européennes exigent le sang et les larmes du peuple grec, elles ferment les yeux sur les accords secrets entre les oligarques financiers, qui sont en fait les principaux bénéficiaires de l’argent du sauvetage accordé à la Grèce », confirme l’économiste Marica Frangakis, membre de l’Institut Nicos Poulantzas d’Athènes et membre fondatrice d’Attac Grèce.
La manipulation opaque des fonds publics
« Les résultats de l'étude d'Attac Autriche révèlent que, depuis 2008, le principal objectif de la politique de gestion de la crise de nos gouvernements est de sauver les fortunes des plus riches. Les élites politiques acceptent un énorme taux de chômage, la pauvreté et la misère pour sauver un secteur financier incurable. Le gouvernement autrichien a, lui aussi, participé à cette ligne de conduite inhumaine pendant des années », ajoute Dominique Plihon. Il est d'ailleurs inquiétant de constater que les responsables de la Troïka et du FESF rendent à peine compte de leur gestion des fonds publics. « C’est un scandale que la Commission européenne publie des centaines de pages de rapport mais ne parvienne pas à préciser où l’argent est exactement allé », explique Dominique Plihon. « Nous appelons les responsables à imposer une réelle transparence et à indiquer à qui profitent véritablement les paiements. »
Le changement radical de politique se fait attendre
Un changement de cap radical se fait attendre dans la politique européenne de gestion de la crise. « Nos gouvernements volent au secours des banques européennes et des riches à coups de milliards et de milliards de fonds publics tout en racontant à leurs électeurs que l'argent est versé à la population grecque. Cela doit cesser », revendiquent Dominique Plihon et Marica Frangakis. Les banques « too big to fail[2] » doivent être divisées et remises au service de l’intérêt public plutôt qu’à celui des profits privés. Les créanciers et les riches doivent payer leur part des coûts de la crise, tandis que le secteur financier doit être sévèrement réglementé. « Après les ravages de trois années d’austérité imposée, la Grèce a besoin, plutôt que d’enrichir l’oligarchie financière, de véritables mesures de secours qui profitent réellement à l’ensemble de la population ainsi que des mesures de financement pour le rétablissement de l’économie grecque », conclut Dominique Plihon.
D’autres détails qui interpellent…
En outre, l’enquête menée par Attac a mis en lumière plusieurs points qui interpellent dans le prétendu « plan de sauvetage de la Grèce » :
  • À plusieurs reprises, l’UE et le FMI sont revenus sur leurs déclarations et ont suspendu les versements promis pendant des semaines voire des mois pour faire pression sur la démocratie grecque : à l’automne 2011 pour empêcher la tenue d’un referendum sur la politique d’austérité ; en mai-juin 2012 pour augmenter les chances des partis amis de la Troïka lors des élections législatives. En suspendant les fonds promis, la Troïka contraint le gouvernement grec à émettre des obligations à court terme pour éviter la faillite imminente. Ces « bons du Trésor », arrivant à échéance en quelques semaines ou quelques mois, revêtent un taux d’intérêt plus élevé, ce qui augmente de fait la dette publique grecque. Une preuve de plus que la réduction de la dette n’est pas la principale préoccupation de la Troïka mais plutôt un prétexte pour poursuivre la destruction de l’État providence et des droits des travailleurs.
  • Une tranche d’1 milliard d’Euros versée en juin 2012 a essentiellement servi à financer la contribution obligatoire de la Grèce au remplaçant du FESF, le MES. Le FESF a ainsi financé son propre successeur —certes pas directement mais en accroissant la dette du gouvernement grec.
  • Klaus Regling, directeur général du FESF et du MES, a fait de nombreux allers-retours entre la politique et le monde de la finance au cours de sa carrière. Avant de rejoindre le FESF, il a travaillé tour à tour pour le gouvernement allemand, pour le fonds spéculatif Moore Capital Strategy Group, pour la Commission européenne comme directeur général aux Affaires économiques et financières, ou encore pour le fonds spéculatif Winton Futures Fund Ltd. Regling constitue ainsi un exemple symbolique de l’étroite imbrication des marchés financiers et de la politique, qui explique en partie pourquoi la politique de gestion de la crise de l’UE vise principalement à sauver le secteur de la finance.
  • Selon ses comptes annuels, la masse salariale du FESF s’élevait à 3,1 millions d’Euros en 2011 (9). Selon les médias, 12 personnes travaillaient cette année-là au FESF (10), soit une moyenne de 258.000 EUR dépensée par personne. Le directeur général Klaus Regling aurait gagné 324.000 EUR, plus un supplément de salaire par année (11). Ceux qui touchent de telles sommes contrôlent la réduction du salaire minimum brut mensuel grec à 580 EUR (510 EUR pour les jeunes) (12).
Sources
  1. Tagesschau (2012) : Milliardenhilfen für den Milliardär, 4 juin 2012, http://www.tagesschau.de/wirtschaft/latsis100.html
  2. Der Spiegel (2012) : Schuldenrückkauf: Hedgefonds verdient halbe Milliarde mit Griechenland, 19 décembre 2012 / http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/hedgefonds-verdient-halbe-m...
  3. Commission européenne (2010) : Statement of President Barroso following his meeting with Mr Georgios Papandreou, Prime Minister of Greece, 6 décembre 2010 / http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-10-730_en.htm
  4. Eurostat (2013) : Comptes non-financiers trimestriels des administrations publiques, 16 avril 2013 / http://epp.eurostat.ec.europa.eu
  5. (5) Eurostat (2013) : Dépenses des administrations publiques par fonction (CFAP), 16 avril 2013 / http://epp.eurostat.ec.europa.eu
  6. Transnational Institute (2013) : Guns, Debt and Corruption. Military Spending and the EU crisis, 14 avril 2013 / http://www.tni.org/briefing/guns-debtcorruption, p. 11f.
  7. Der Standard (2013) : Bankenrettungen kosteten EU-Staaten 670 Milliarden, 22 avril 2013 / http://derstandard.at/1363708829426/Bankenrettungen-kosteten-EU-670-Mill...
  8. Reuters (2012) : Special Report: Clandestine Loans were used to fortify Greek bank, 16 juillet 2012 / http://www.reuters.com/article/2012/07/16/us-greecebanks-idUSBRE86F0CL20120716
  9. FESF (2011) : Financial Statements, Management report and Auditor's report, 31 décembre 2011 / http://www.efsf.europa.eu/about/corporategovernance/annual-accounts/inde..., p. 37.
  10. CNBC (2011) : EFSF: CNBC explains, 20 octobre 2011, http://www.cnbc.com/id/44685464
  11. Die Welt (2012) : Fürstliche Gehälter: ESM-Chef verdient mehr als Bundeskanzlerin, 7 juillet 2012 http://www.welt.de/wirtschaft/article108056431/ESM-Chefverdient-mehr-als-die-Bundeskanzlerin.html
  12. OCDE (2013) : Salaires minimum à prix courant en monnaie nationale, 16 avril 2013 / http://stats.oecd.org/
Traduit de l’anglais par Muriel Carpentier, Coorditrad.


[1] NdT : traduction du terme imagé haircut, correspondant dans cet usage à une décote directe de la créance.
[2] NdT : idiotisme, littéralement « trop grandes pour échouer ».

mardi 18 juin 2013

Soirée de soutien à la liberté de l'information en Grèce

RSF vous invite à une soirée de soutien à la liberté de la presse en Grèce Après la fermeture brutale du groupe audiovisuel public grec ERT, le site d’information Mediapart et Reporters sans frontières organisent une soirée de soutien à la liberté de l’information en Grèce.  

Cet événement aura lieu au Théâtre du Châtelet à Paris, 
le mardi 18 juin à 20 heures. 

Merci de confirmer votre présence à l'adresse confirmation@rsf.org.

A cette occasion, Reporters sans frontières se mobilise avec une pétition visant à demander au Premier ministre grec, Antónis Samarás, une nouvelle loi fondamentale sur la liberté de la presse garantissant le pluralisme de l’information. Vous aussi, dites au gouvernement grec que vous soutenez le combat pour l'indépendance des médias.


Merci.


lundi 17 juin 2013

Des nouvelles de Grèce......15 juin, 18 juin

15 juin 2013 c'est à la fois énorme et grandiose, au bord du gouffre, ou sur un chemin qui mène droit à un monde nettement meilleur, mais les MaT (les CRS grecs) veillent, et d'autres, nombreux, avec eux. Enfin, ce soir, on sera optimistes. Samaras ne sait plus comment se sortir de ce pétrin, maintenant qu'il est face à une réaction spontanée, mais qui dure, et enfle: ERT continue à émettre sur internet; les radios émettent également, et appellent le peuple à venir soutenir le mouvement - et, par la même occasion, à participer à des assemblées populaires et à se régaler de spectacles divers...- en rejoignant les bâtiments d'ERT, à Athènes comme en province. Hier, les musiciens de l'orchestre symphonique d'ERT, licenciés eux aussi, au lieu du concert programmé au théâtre d'Hérode Atticus (annulé... puisque leur orchestre n'existe plus!) ont joué, en studio, à l'intérieur du bâtiment principal, et leur concert fut diffusé sur un écran géant, pour la foule rassemblée à l'extérieur, comme sur les ondes. C'était impressionnant. Tu a peut-être vu la photo de cette seconde violoniste, qui retient tant bien que mal ses larmes, mais continue à jouer.. Ce soir, après une discussion en assemblée libre sur les médias et la démocratie, se tient un concert avec de grands artistes qui présentent 'Axion Esti", un chef d'oeuvre à valeur symbolique très forte pour les grecs, de Mikis Théodorakis. Demain, : - activités créatives pour les enfants, sur le parvis d''ERT, bazar d'échanges, et aussi la présence de 30 cuisines populaires (initiatives qui avaient essaimé un peu partout, surtout dans les grandes villes, lors du mouvement des indignés en 2011) qui offriront à manger à tous ceux qui seront présents. Re-concert, re-assemblées libres... Ceci, à Athènes, mais aussi en province, avec des concerts improvisés et d'autres happenings. Samaras ne s'attendait sûrement pas à une telle vague en réponse à son coup d'état contre ERT. Et ses arguments, selon lesquels la télé-radio publique coûtait trop cher (en fait, pas un centime: elle rapportait même un peu à l'état, et ne fonctionnait que sur fonds propres et redevance, de 4,25 euros par mois!), était un nid de corruption (faut dire que tous les Samaras se faisaient un devoir d'y placer les leurs...et pas aux postes, mal payés généralement, de simples journalistes ou techniciens!), etc... apparaissent de moins en moins convaincants. Les représentants des deux autres partis au gouvernement n'ont pas signé le décret, et dénoncent aujourd'hui un "problème de légitimité démocratique". L'Aube Dorée récupère comme elle peut, en disant quand même qu'elle est plutôt d'accord, mais qu'il faut arrêter d'en faire tout un foin (faut dire aussi, ça lui sied bien, ce noir tombé sur les écrans...). Le Syriza réclame des élections. C'est probablement ce qui va se passer (à moins qu'un autre renversement ne vienne contrecarrer ces projets-là), on entend parler du 14 juillet. Les chaînes privées sont théoriquement en grève jusqu'à lundi (date de discussion de la nouvelle proposition du gouvernement), mais comme des vautours, se sont déjà jetées sur le cadavre (SKAï a repris les droits de retransmission d'un match de basket, normalement pour ERT, le lendemain de la fermeture de cette dernière, et ça n'est qu'un début). Les sites qui retransmettent le programme télé "de grève" sont très, très nombreux. Heureusement, parce que les fréquences sur lesquelles ERT "en grève" émettait (grâce à l'EBU) ont été déconnectées cet après-midi, après trois jours et demi de fonctionnement non stop. Demain sort un journal "l'opinion insoumise", en solidarité avec ERT et ses personnels, qui sera distribué gratuitement à 60000 exemplaires, tout d'abord sur les lieux de rassemblements (devant les bureaux d'ERT), et tous ces médias alternatifs ou simplement solidaires qui retransmettent ERT appellent à boycotter les journaux "casseurs de grève" qui continuent à paraître. Voilà... je suis crevée, c'est intense, plein d'espoir, et de crainte aussi.

Marie-Laure V. Traductions grec-anglais-français
Aighion
Tel/Fax: 00 30 26910 24157 Mob: 00 30 697 33 600 20


De Marie-Laure V
 
 
18 Juin
c'est un foutoir sans nom, cette affaire de décision du Conseil d'Etat: ERT, qui n'existe plus (puisqu"elle a été dissoute par décret ministériel, non révocable en l'état de la situation, doit (selon le CE) émettre sur ses fréquences, des programmes normaux, jusqu'à constitution du nouvel organe. Sauf que les personnels sont désormais licenciés, et à supposer qu'on prolonge leurs contrats pour faire fonctionner le contenu d'ERT sous une autre identité légale, j'imagine mal qu'ils acceptent de travailler comme ça, maintenant: ils pourront exiger d'avoir les fréquences, et continuer à émettre un programme "de grève", auquel cas le gouvernement sera obligé de mettre un point final encore plus démocratique que le premier. Ou refuser de travailler: le gvt pourrait les mobiliser, aussi, comme il l'a fait avec les profs!
Petit détail croustillant: pour fonctionner, cet organe transitoire, dépendant directement de l'Etat (désigné comme le successeur d'ERT, pour ses obligations légales aussi), doit être géré par des administrateurs temporaires, deux ministres: celui de l'Economie et du Budget (Stournaras) et ... Kedikoglou (le con qui a fait l'annonce de la fermeture, "enfant" d'ERT, passé à la télé-berlusconienne du privé, et maintenant porte-parole du gvt).
Les 3 partis au gouvernement font tout pour éviter les élections (Merkel et cie apprécieraient modérément ce scénario-là, avec en plus le risque que la gauche gagne, cette fois-ci), mais les tensions montent, parce qu'il faut bien que Pasok et "Gauche Démocratique" se démarquent, surtout si, en fin de compte, il y a des élections.
Le bordel, je te dis...

Ca peut aller partout, et n'importe où: élections (le rassemblement du Syriza était impressionnant, hier soir, à Syndagma, mais ça peut aussi conduire à l'anéantissement de Pasok et Gauche Démocratique et une re-Nouvelle Démocratie -que de démocratie, dans tout ça!!!- qui, pour gouverner, aurait besoin... des néo-nazis), blocage du processus et durcissement (parce que la Troïka va s'en re-mêler, bien sûr) entre gvt et licenciés, entre gvt et foule indignée...

Il faut qu'on tienne. Mais çà n'est pas joué d'avance...

bises pour le moment, à très bientôt
ml
Marie-Laure V
Traductions grec-anglais-français
Aighion
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